Actualité Ségolène Royal (presse)

Vendredi 4 mai 2007 5 04 /05 /2007 16:55

LORIENT, 4 mai 2007 (AFP) - Ségolène Royal a appelé les Français "à ne pas se laisser matraquer par les sondages", soulignant qu'il y a encore "30% de personnes qui s'interrogent", lors d'un déplacement vendredi à Lorient. "J'appelle les électeurs à ne pas se laisser matraquer par les sondages comme depuis des mois. Il y a encore 15% d'indécis de chaque côté, c'est-à-dire 30% de personnes encore qui s'interrogent. Je dis aux électeurs : venez voter massivement. Ne vous laissez pas matraquer, ne vous laissez pas intimider, ne vous laissez pas démobiliser", a déclaré la candidate socialiste à la presse

"Venez voter massivement dimanche prochain pour que ça change et pour que la morale publique l'emporte", a ajouté Mme Royal, accompagnée du député-maire de Nantes Jean-Marc Ayrault et du président de la région Bretagne Jean-Yves Le Drian. Mme Royal s'exprimait juste avant de tenir une réunion publique à Lorient, première d'une série de quatre étapes dans la journée en Bretagne. Deux mille personnes étaient rassemblées au palais des sports selon les journalistes présents, trois mille selon les organisateurs. La candidate y a lancé un message aux "indécis" : "qu'ils ouvrent les yeux, qu'ils voient qu'aujourd'hui (c'est) le dernier combat de la vérité contre toutes les formes d'affabulations et de mensonges. C'est le combat de la morale publique contre un certain nombre de déformations de la réalité, c'est le combat des sans-voix, des gens qui subissent la précarité et les bas salaires contre un candidat qui veut donner encore davantage à ceux qui ont déjà beaucoup, avec des réformes comme le bouclier fiscal". Il faut "faire en sorte que la vérité, la morale publique, la volonté de renouveau l'emportent", a-t-elle dit. "Moi, je n'ai pas besoin d'adversaires imaginaires, je n'ai pas besoin de m'en prendre à Mai 68, à certains passages de l'Histoire de France". Elle a ironisé sur le camp de l'UMP qui voit la victoire approcher dimanche: "Je les vois déjà se disputer pour le poste de Premier ministre". Dans la salle, elle s'en est prise à nouveau au "matraquage des sondages (...) complaisamment relayés par les médias amis du pouvoir". tma/so/swi

LORIENT, Morbihan (AP) - "Il y a encore de l'espoir", s'est enflammée vendredi Ségolène Royal à son arrivée à Lorient, dénonçant le "matraquage par les sondages" qui la donnent largement battue et l'"arrogance" de Nicolas Sarkozy.

"J'appelle les électeurs à ne pas se laisser matraquer par les sondages comme depuis des mois. Il y a encore 15% d'indécis de chaque côté, c'est-à-dire 30% des personnes encore qui s'interrogent et je dis aux électeurs: 'venez voter massivement, ne vous laissez pas intimider, ne vous laissez pas matraquer, ne vous laissez pas démobiliser'", a exhorté la candidate socialiste à son arrivée au Parc des sports de Kerdavic à Lorient (Morbihan), étape de son dernier déplacement de campagne en Bretagne.

"Les sondages sont faits de telle façon à démobiliser les électeurs, puisque jamais ils ne sont accompagnés de la précision sur le nombre d'indécis", a-t-elle souligné. "Il y a donc encore de l'espoir", s'est-elle emportée, très remontée, invitant les indécis à "ouvrir les yeux" et à "regarder ce qui se passe". "Nous pouvons gagner, nous allons gagner."

"Quand j'entends la droite dire 'les carottes sont cuites', je trouve ça indécent. Je dis aux électeurs: 'c'est à vous de décider, ce n'est pas aux sondages'", a-t-elle pesté. "Battons-nous pour que nous puissions gagner dimanche prochain et comme ça ils n'aurons pas besoin de se battre entre eux pour savoir qui sera Premier ministre", a-t-elle lâché, dans un rire ironique.

Une fois à la tribune, Ségolène Royal a renouvelé cet appel: "ne vous laissez pas matraquer par les sondages, ne vous laissez pas démobiliser par les sondages, comme à chaque fois, à chaque élection, complaisamment relayés par les médias amis du pouvoir", a-t-elle plaidé devant 3.000 personnes qui l'ont soutenue en sifflant les sondeurs. Nicolas Sarkozy "qui se prétend le candidat du peuple, eh bien qu'il sache que c'est le peuple français qui va décider demain du visage de la France".

La candidate socialiste a montré du doigt l'"arrogance" de son rival UMP "qui consiste à dire aux gens: 'ce n'est pas la peine de vous déranger'". "Je lance un appel à la citoyenneté, je lance un appel au sursaut, je lance un appel aux valeurs".

"Ouvrez les yeux!", a-t-elle demandé aux Français. Ce scrutin est "le combat de la vérité contre toutes les formes d'affabulations et de mensonges", "le combat de la morale publique contre un certain nombre de déformations de la réalité", "le combat des sans-voix", "le combat des gens qui subissent aujourd'hui la précarité et les bas salaires, contre un candidat qui promet de donner encore davantage à ceux qui ont déjà beaucoup, avec des réformes comme le bouclier fiscal", a-t-elle tonné.

Elle a présenté Nicolas Sarkozy comme "le candidat soutenu par Berlusconi, par Aznar et par Bush", le "candidat des grandes fortunes" et "du MEDEF", qui n'a "cessé de flatter ce qu'il y a de plus sombre dans la personne humaine et n'a cessé d'attiser toutes les formes de peurs ou de revanche". A cet égard, elle a relevé le "lapsus incroyable" de son rival lors de leur duel télévisé: "Demain, ce sera en pire". AP

Par Rédacteur - Publié dans : Actualité Ségolène Royal (presse)
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 4 mai 2007 5 04 /05 /2007 11:53

Est-il possible de ne pas remplacer des douaniers qui partent à la retraite et augmenter, en lieu et place, le nombre d’infirmières, comme l’a suggéré lors du débat Ségolène Royal ? Non, avait répondu Nicolas Sarkozy «parce que la fonction publique hospitalière, c’est payé par un autre budget que le budget de l’Etat» et qu’on ne peut pas «redéployer (les fonds) entre l’Etat et l’assurance-maladie».

«Il est vrai que la fonction publique hospitalière est payée par l’assurance-maladie, contrairement à la fonction publique d’Etat et à la fonction publique territoriale», souligne Martine Bellanger, économiste à l’Ecole Nationale de la Santé Publique (ENSP) de Rennes. Qui rappelle que l’assurance-maladie, elle-même, est financée par les cotisations sociales et la CSG. Nicolas Sarkozy aurait-il donc raison ?

L’Etat a son mot à dire

«Non, il a tort, répond Jean-Marie André, lui aussi économiste à l’ENSP et spécialiste de l’Assurance-maladie. Dans le cadre de la loi annuelle de financement de la Sécurité sociale, l’Etat peut décider d’augmenter les dotations à l’Assurance-maladie via une augmentation de ce qu’on appelle les «contributions publiques». Celles-ci, comme les taxes sur l’alcool, le tabac ou la taxe de solidarité sur les sociétés, contribuent marginalement au financement de l’assurance-maladie, parallèlement aux cotisations sociales».

«On peut donc très bien imaginer que le législateur vote une diminution du nombre de certains fonctionnaires de l’Etat dans la loi annuelle de Finances et répercute l’économie réalisée dans la loi de financement de la Sécurité sociale», poursuit Jean-Marie André.

Et de pointer une contradiction de Nicolas Sarkozy qui a proposé la fusion des Assedic et de l’ANPE. «Les premiers relèvent des partenaires sociaux, comme l’assurance-maladie, et le second est un service public. On peut certes avoir la volonté politique de les fusionner mais pourquoi, dans ce cas, avoir tant mis l’accent sur l’autonomie de l’assurance-maladie ?».
Alexandre Sulzer

Source : 20Minutes.fr, éditions du 03/05/2007 - 17h33

Par Rédacteur - Publié dans : Actualité Ségolène Royal (presse)
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 26 avril 2007 4 26 /04 /2007 16:37

MISE A JOUR :

François Bayrou a affirmé vendredi sur RTL avoir "la certitude" que Nicolas Sarkozy avait exercé des pressions pour faire annuler le débat envisagé par Canal+ entre Ségolène Royal et lui-même."Lorsque j'ai tenu une conférence de presse mercredi, j'ai parlé de la part de Nicolas Sarkozy d'intimidation et de menace. C'est exactement là qu'on en est", a affirmé M. Bayrou.

"Je n'en ai pas la preuve mais j'en ai la certitude", a répondu M. Bayrou, interrogé pour savoir s'il pensait que Canal+ avait renoncé à organiser un tel débat "à la demande de Nicolas Sarkozy". La chaîne en avait d'abord exprimé l'intention, avant de revenir jeudi en arrière, invoquant les obligations légales en matière de temps de parole des candidats à la présidentielle.

Le candidat centriste, qui a obtenu 18,57% des voix le 22 avril, a dénoncé "la propension" de Nicolas Sarkozy à "verrouiller" l'information, mais assuré que ce débat entre la candidate socialiste et lui-même aura lieu.

"Par toute une série de réseaux, qui rapprochent de très grandes puissances financières et médiatiques autour de Nicolas Sarkozy, les interventions directes sont faites auprès des rédactions, auprès des chaînes de manière que l'information se trouve verrouillée", a-t-il dit.

L'équipe de la candidate socialiste a également accusé jeudi le camp de Nicolas Sarkozy d'avoir exercé des "pressions" pour empêcher le débat.

Donnée battue dans les sondages par son rival UMP, Mme Royal multiplie les gestes en direction de l'électorat centriste, d'autant que M. Bayrou a semblé plus hostile envers M. Sarkozy qu'à son égard.

Jeudi soir, sur TF1, elle a réaffirmé "clairement devant tous les Français" qu'elle pourrait nommer des ministres centristes . Quant à François Bayrou à Matignon, "nous n'en sommes pas là".

A ce débat totalement inédit entre les deux tours et proposé par la candidate PS, M. Bayrou a donné son accord, à condition qu'il soit télévisé.

Première idée, profiter du temps de parole de Mme Royal vendredi lors d'un forum du Syndicat de la presse quotidienne régionale (SPQR) avec, successivement, les deux candidats du second tour.

Refus du syndicat, Mme Royal assurant aussitôt qu'il a subi des "pressions", ce que dément Michel Comboul, président du SPQR et de Nice-Matin (groupe Lagardère).

Un responsable de la presse régionale a toutefois confié, sous couvert d'anonymat, que l'entourage du candidat UMP avait assuré que "sa propre participation" au forum du SPQR serait alors compromise, tout en se refusant à parler de "pressions".

En début d'après-midi, UDF et PS annoncent un accord sur un débat samedi sur i-TELE, Canal + et France Inter. Puis la chaîne cryptée assure que "rien n'est fait". Enfin elle renonce, au nom des règles d'égalité de temps de parole.

Le numéro 1 du PS François Hollande a vu derrière cette décision "la pression de Nicolas Sarkozy". "L'Etat Sarkozy se croit déjà tout permis", a tonné Jack Lang. "L'Etat médiatique Sarkozy est en marche", a renchéri Arnaud Montebourg.

Normalement, le seul "débat contradictoire" de l'entre-deux tours oppose les deux finalistes. Prévu le 2 mai, il devrait attirer une audience record.

"Le débat contradictoire doit avoir lieu entre Mme Royal et moi, parce que le dimanche 6 mai (...) il n'y aura pas de bulletin Bayrou", a lancé M. Sarkozy jeudi soir sur France 2.

Il n'a pas été interrogé sur les accusations de "pressions", mais dans une interview au quotidien gratuit "20 minutes" vendredi son conseiller François Fillon a assuré que cela était "totalement faux".

Les ralliés UDF à M. Sarkozy sont également remontés au front, comme Gilles de Robien, seul ministre UDF, qui a jugé "irresponsable" et "immoral" que M. Bayrou "laisse en rase campagne" ses électeurs.

"A l'heure qu'il est, je ne sais pas ce que je ferai. Mais je commence à savoir ce que je ne ferai pas", avait déclaré mercredi le président de l'UDF, laissant entendre qu'il ne voterait pas pour le candidat UMP.

Au contraire, plus de la moitié des députés centristes ont annoncé qu'ils voteraient pour le candidat UMP.


 

 

Un débat entre Ségolène Royal et François Bayrou aura lieu samedi à 11H00 ou 12H00 et sera retransmis sur i-Télé, Canal+ et France Inter, a annoncé jeudi Jean-Louis Bianco, co-directeur de campagne de la candidate socialiste."Il y a eu un accord" sur l'organisation de ce débat, a déclaré M. Bianco à la presse au QG de campagne de la candidate socialiste.

L'équipe de campagne de M. Bayrou a confirmé cet accord.

Evoquant un "partenariat" entre les télés et radio organisatrices, M. Bianco a souligné que "tous les médias pourront avoir accès aux images". Côté UDF, on demande également un accès gratuit aux images.

Le journaliste de Canal+ Michel Denisot devrait animer ce débat d'une heure, qui aura lieu dans le studio de son émission "le Grand journal", dont les places seront ouvertes à la presse, a précisé Agnès Longueville, attachée de presse de Mme Royal.

Mme Royal avait proposé mercredi à M. Bayrou "un débat public" pour "éclairer" les électeurs, et M. Bayrou a accepté, à condition que ce débat soit télévisé.

Source : AFP via Yahoo! Actualités

Débat avec Bayrou: Ségolène Royal dénonce des "pressions"

Ségolène Royal a dénoncé jeudi des "pressions" exercées sur la presse régionale pour empêcher la tenue du débat qu'elle a proposé à François Bayrou.

"Il y a eu quelques pressions", a déclaré la candidate socialiste à la présidentielle lors d'un déplacement dans le 11e arrondissement de Paris. "Mais ce n'est pas un problème", a-t-elle dit, "je suis convaincue que de toute façon, il aura lieu, nous le tiendrons".

"Ce n'est pas le président de la PQR (presse quotidienne régionale) qui a été reçu, paraît-il, par Nicolas Sarkozy, qui va empêcher le moindre débat", a tranché Ségolène Royal. "En France, la presse est libre, sauf lorsqu'elle subit quelques pressions, ce qui est dommageable", a encore regretté Ségolène Royal.

L'entourage de Nicolas Sarkozy a démenti toute pression sur le syndicat de la presse régionale (SPQR) de la part du candidat UMP. "C'est totalement faux", a-t-on déclaré à l'Associated Press.

La candidate socialiste a expliqué que les journaux vont décider "individuellement" s'ils veulent organiser le débat entre elle et le président de l'UDF François Bayrou. "Il y a des grands journaux de la PQR qui sont quand même favorables à ce que ça s'organise demain", a affirmé François Rebsamen, co-directeur de la campagne de Ségolène Royal, qui a parlé au téléphone avec un des administrateurs du Syndicat de la presse quotidienne régionale. Il attendait une réponse du syndicat pour le début d'après-midi.

Sinon, "il y a d'autres médias", a averti la candidate, dont les deux directeurs de campagne Jean-Louis Bianco et François Rebsamen ont affirmé que plusieurs chaînes de télévision avaient proposé d'organiser la rencontre.

Selon M. Rebsamen, Jacques Camus, un des administrateurs du SPQR, était "visiblement inquiet pour le principe d'égalité", même si la presse écrite n'est pas soumise aux règles du CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) concernant les temps de parole des candidats. "Je lui ai dit que Mme Royal était prête, si la télé filmait, à appliquer les règles. Nous n'avons aucun problème avec le CSA", a assuré François Rebsamen, "il faut que tout le monde soit détendu pour organiser dans les meilleures conditions ce débat".

Source : AP via Yahoo! Actualités

Par Rédacteur - Publié dans : Actualité Ségolène Royal (presse)
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 4 avril 2007 3 04 /04 /2007 23:30

Nous sommes des économistes aux parcours divers et aux opinions variées travaillant dans des universités et des centres de recherche français ou étrangers. Nous sommes convaincus que pour redresser l'économie française et répondre aux défis du plein-emploi et de la préservation de l'environnement, plusieurs réformes fondamentales sont nécessaires.

Les politiques publiques doivent soutenir l'innovation, l'investissement, non la rente. Ces politiques doivent prendre pleinement en compte les objectifs du développement durable. Il faut attaquer l'échec scolaire à la racine, réformer les universités et offrir une formation professionnelle tout au long de la vie, car le capital humain est le déterminant fondamental de notre croissance. Pour réduire le déficit et redonner des marges de manoeuvre à la puissance publique, l'Etat doit devenir plus efficace, fixer des missions aux services publics et les évaluer. Les entreprises françaises doivent gagner en souplesse pour être compétitives, mais cette souplesse ne peut s'obtenir au prix de la précarité des individus. La négociation sociale doit jouer pleinement son rôle pour favoriser l'emploi et la progression du pouvoir d'achat des salaires. La fiscalité doit être simple, peser moins lourdement sur le travail et conduire à économiser les ressources naturelles. Les freins à l'activité économique des femmes doivent être levés.

Nous ne partageons pas nécessairement toutes les idées du pacte présidentiel de Ségolène Royal, mais nous soutenons sa candidature à la présidence de la République parce que son approche est la seule qui prenne en compte ces différents aspects.

Ségolène Royal veut investir massivement dans la recherche et l'éducation. Elle propose de limiter le nombre d'élèves par classe et d'augmenter les moyens des établissements dans les ZEP. Elle propose d'accroître l'autonomie et les moyens des universités, en contrepartie d'une exigence accrue pour le placement des étudiants et la qualité des recherches. Elle souhaite réformer l'Etat en mobilisant les fonctionnaires, et non en leur jetant l'opprobre. Elle veut mettre la négociation entre partenaires sociaux au coeur du système économique et diminuer d'autant les interventions législatives. Elle propose de créer un service public de l'emploi, qui sache accompagner, former et, quand il le faut, sanctionner les abus. Ces réformes permettront de concilier la souplesse des entreprises et la sécurité aux individus. Elle s'est engagée de longue date en faveur du développement durable, et ses convictions lui donnent dans ce domaine une crédibilité unique parmi les principaux candidats. Elle propose la création d'un service public de la garde d'enfants pour améliorer la situation des femmes sur le marché du travail. Elle choisit de stabiliser les prélèvements obligatoires et de réduire progressivement la dette publique pour financer ces réformes structurelles, au lieu de promettre des baisses immédiates.

Nous, signataires de cet appel, sommes convaincus que Ségolène Royal est la mieux placée pour remettre sereinement la France sur le chemin d'une nouvelle croissance, durable et partagée.

Les signataires de cet appel sont : PHILIPPE AGHION, professeur à Harvard ; JEAN-PIERRE ALLEGRET, professeur à l'université Lyon-II ; PHILIPPE ASKENAZY, chercheur au CNRS ; FRANÇOIS BÉLORGEY, chercheur à l'Ires ; ANDRÉ CARTAPANIS, professeur, doyen honoraire, Aix-Marseille ; GILBERT CETTE, professeur à l'université de la Méditerranée ; DANIEL COHEN, professeur à l'Ecole normale supérieure ; CHRISTINE ERHEL, maître de conférences à Paris-I ; MARC FLEURBAEY, directeur de recherche au CNRS ; JACQUES FREYSSINET, professeur émérite, Paris ; ANDRÉ GAURON, ancien conseiller de Pierre Bérégovoy ; BERNARD GAZIER, professeur à l'université Paris-I ; JEAN-FRANÇOIS GOUX, professeur, doyen honoraire, Lyon-II ; NATHALIE GREENAN, chercheuse au CNRS ; JÉRÔME LALLEMENT, professeur à l'université Paris-V ; PHILIPPE LANGEVIN, maître de conférences à l'université d'Aix-Marseille ; CHRISTOPHE LAVIALLE, maître de conférences, Orléans ; EL MOUHOUB MOUHOUD, professeur à l'université Paris-Dauphine ; ROBERT LION, ancien directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations ; PIERRE-ALAIN MUET, ancien président de l'Association française de science économique ; THOMAS PIKETTY, professeur à l'Ecole des hautes études en sciences sociales ; THOMAS PHILIPPON, professeur à New York University ; MICHEL RAINELLI, professeur, Nice Sophia-Antipolis ; PIERRE RALLE, professeur associé, Paris-Dauphine ; ALAIN SAND, professeur, ENS Lyon ; PATRICK VILLIEU, professeur à l'université d'Orléans ; HÉLÈNE ZAJDELA, professeur à l'université Paris-Nord.
Par Rédacteur - Publié dans : Actualité Ségolène Royal (presse)
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Jeudi 22 mars 2007 4 22 /03 /2007 20:21

A un mois jour pour jour du premier tour, Ségolène Royal a exhorté jeudi les internautes à aller, "pacte présidentiel" en main, voir et convaincre "dix personnes par jour" en faisant du porte-à-porte.

La candidate socialiste a lancé son appel à la mobilisation en direct de Marseille, où elle doit tenir un meeting dans la soirée, lors de son premier 'chat vidéo' de campagne retransmis sur son site Désirs d'avenir.

Un exercice qui lui a offert 40 minutes de temps de parole et de dialogue en continu à l'heure où radios et télévisions doivent désormais respecter une stricte égalité entre les douze candidats.

Sous le pseudo "A gauche", un partisan qui souhaite la "voir à l'Elysée" lui a demandé comment il pouvait contribuer à sa campagne.

"C'est très simple ! Pour m'aider - non pas parce qu'il s'agit de moi mais (parce qu'il) s'agit d'aider la France à se relever et le vrai changement à se réaliser - eh bien il faut prendre le 'pacte présidentiel' (...) et puis aller faire du porte-à-porte", a expliqué la présidente de Poitou-Charentes.

"Je vous demande d'aller voir dix personnes par jour (...) pour leur expliquer à la fois que la France mérite mieux que ce qu'elle a et qu'elle a beaucoup de talents (...) qu'il faut la remettre en mouvement en la rendant à la fois plus juste et plus forte", a-t-elle poursuivi, installée à une table d'un café du Vieux-Port, la basilique de Notre-Dame de la Garde en arrière-plan.

Dans la dernière ligne droite, il faut "convaincre ceux qui pensent que la politique ne sert plus à rien", a insisté Ségolène Royal, qui portait une veste blanche et un inhabituel jean pour l'occasion. "Alors voilà ! A votre pacte et à votre porte-à-porte !"

DES "BARBELES" SUR INTERNET ?

Plus de 25.000 questions avaient été postées par les internautes sur le site Désirs d'avenir en prévision de ce chat vidéo. Elles avaient été classées par la "Netscouade" de Ségolène Royal en plusieurs grands thèmes: VIe République, éducation, emploi et vie chère, banlieues et environnement.

La candidate du PS a construit une grande partie de sa campagne pour l'investiture présidentielle sur internet, lançant dès l'hiver 2005 Désirs d'avenir, devenu le navire amiral de la "Ségosphère".

Pour être en mesure de mobiliser vite et largement, son équipe récolte petit à petit des centaines d'adresses électroniques - près de 250.000 à ce jour - et en début de semaine, Ségolène Royal a annoncé son intention d'intensifier sa présence sur le net avant le premier tour.

"La dernière phase de la campagne correspond au tunnel CSA", confirme Benoît Thieulin, chef de l'équipe de campagne internet, qui jouait jeudi les maîtres de cérémonie au café "La Caravelle". "Rien de mieux pour mobiliser (les Français) que Ségolène Royal s'adresse directement à eux", ajoute-t-il. De plus, internet permet de "ramener les choses au fond, ce qui n'est pas toujours facile à la télévision".

Pendant quarante minutes, la candidate a donc répondu à une quinzaine de questions allant de l'adoption pour les couples de même sexe à la réforme de l'aide au développement.

A "Momo" qui s'interrogeait sur une peine de prison pour avoir téléchargé "dix MP3" alors que des délinquants financiers ne sont pas inquiétés, Ségolène Royal a assuré que la loi sur le droit d'auteur et les droits voisins dans la société de l'information (Dadvsi) "absurde" et "inapplicable" serait "refaite".

"Ce n'est certainement pas en érigeant des barbelés et des interdits surtout à l'heure d'internet que l'on va régler le problème", a-t-elle estimé, se déclarant "contre tout ce qui ressemble de près ou de loin à une privation de liberté".

"Un nouvel équilibre doit être trouvé entre une juste rémunération des artistes (...) et l'accès la culture pour tous", a souligné Ségolène Royal, comparant la bataille du téléchargement gratuit à celle des radios libres en 1981, avant l'accession de François Mitterrand à l'Elysée.

Source : Reuters via Yahoo! Actualités

Par Rédacteur - Publié dans : Actualité Ségolène Royal (presse)
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mardi 20 mars 2007 2 20 /03 /2007 17:04

Ségolène Royal, candidate du PS à la présidentielle, s'est engagée mardi à retirer le décret Robien, à l'origine de la grève des enseignants, si elle accède à l'Elysée."Ce décret sera retiré (...) L'école a besoin qu'on lui redonne les moyens qui ont été retirés par l'UMP et l'UDF", a déclaré Mme Royal sur M6.

Le décret Robien, qui permet au ministère de l'Education de supprimer 3.000 postes, allonge le temps de travail de certains enseignants sans contrepartie, instaure leur possible bivalence (enseigner deux matières) et favorise les nominations sur deux ou trois établissements.

Elle a assuré que la rentrée de septembre 2007 "se fera en restituant les moyens qui ont été retirés", notamment "5.000 postes (qui) seront remis dans les établissements scolaires".

Mme Royal a promis de ne plus faire de "réformes inutiles qui déstabilisent" l'école.

Lors d'un point de presse, Jack Lang, conseiller spécial de la candidate, a de son côté déclaré que les socialistes étaient "solidaires du mouvement des professeurs qui se battent pour leur dignité".

L'ancien ministre de l'Education nationale a accusé le gouvernement d'avoir provoqué "une hémorragie budgétaire" dans l'éducation depuis cinq ans et supprimé "120.000 postes et emplois".

Il a rappelé que Ségolène Royal envisageait "une loi de programmation" pour prévoir "dans les cinq ans, la création d'emplois" dans le secteur de l'éducation.

Jack Lang s'est étonné par ailleurs des critiques venues du camp UMP sur le décret du ministre de l'Education nationale. "C'est du jamais vu, c'est étonnant, surréaliste", a-t-il jugé, en ajoutant que la campagne de la droite "manquait de sérieux, d'honnêteté et de rigueur intellectuelle".

Source : AFP via Yahoo! Actualités

Par Rédacteur - Publié dans : Actualité Ségolène Royal (presse)
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mardi 13 mars 2007 2 13 /03 /2007 16:27

On vous connaît mal. Jamais sans doute un candidat ou une candidate majeur(e) à l'élection présidentielle n'a été à ce point méconnu des électeurs. Comment l'expliquer ?

Beaucoup de choses pourtant ont été dites, écrites. C'est un paradoxe. De nombreux livres et articles ont paru sur moi. Je suis dans le paysage politique depuis longtemps, mais, c'est vrai, les gens ont le sentiment d'en savoir moins sur moi que sur d'autres. Pourtant on m'a reproché de m'exhiber, ce qui est quand même assez étrange. Notamment quand mon dernier enfant est né. Donc je ne sais pas, je vous retourne la question… (rires)

Ce qu'on lit sur vous ce sont toujours les mêmes choses : vous êtes née en Afrique, vous êtes la fille d'un militaire, vous avez grandi dans une famille nombreuse, catholique, vous étiez bonne élève à l'école… Cette bio façon Who's Who ne résume pas une personne. Vous y retrouvez-vous dans ce portrait un peu caricatural ?

C'est vrai que j'ai connu cet itinéraire assez atypique : je suis issue d'une famille de huit enfants alors qu'il n'y en a plus beaucoup ; j'ai vécu jusqu'à l'âge de dix-huit ans dans un village très rural et je suis aujourd'hui là où je suis… C'est un itinéraire curieux. J'ai su saisir mes chances au fur et à mesure de la vie, je crois.

Vous éprouvez vraiment le sentiment d'être atypique ?

Oui parce que rien ne me prédestinait à arriver là où je suis. Je viens d'une famille plutôt de droite. Quand j'ai passé mon bac, je ne savais même pas que Sciences Po existait. C'est de fil en aiguille, en picorant des informations que j'ai choisi mon itinéraire d'orientation. Il s'est trouvé que j'étais à Nancy et que c'était la seule ville de France où il y avait une préparation à Sciences Po, qu'un jour ma sœur qui était secrétaire au rectorat m'a rapporté un dépliant qui présentait cette préparation. J'étais inscrite à la fac de sciences économiques - volontairement, parce que mon père ne voulait pas que je fasse d'études supérieures.

Pourquoi l'économie ?

Parce que j'ai fait un bac économique, voilà. J'ai donc ensuite découvert par ma sœur l'existence de cette préparation. Elle m'a dit tiens : toi qui t'intéresses à la politique… Parce que je m'intéressais quand même déjà beaucoup à la politique. Je regardais tous les débats politiques à la télévision. Quand j'étais en pension, je me souviens que j'allais toute seule dans la salle de télé regarder les débats avec Françoise Giroud. Ça m'a toujours attiré le débat public. Je me suis donc inscrite à cette préparation qui s'appelait le CUEP, et j'en suis sorti seconde et suis après entrée à Sciences Po à Paris. J'ai travaillé en même temps, j'ai obtenu une bourse. Et puis à Sciences Po, j'ai appris que l'ENA existait. Je n'étais pas une initiée du milieu. Je me suis retrouvée avec des fils d'énarques, des enfants de gens de la haute fonction publique. Mais je n'étais pas du tout complexée. Sans doute pas très consciente de l'incongruité de ma présence dans ce milieu. Et puis j'ai été reçue à l'ENA et j'en suis sortie. On était en 1980 et c'était bientôt l'élection présidentielle. À ce moment-là François Hollande m'a fait rencontrer Jacques Attali, pour lequel j'ai travaillé, dans une soupente pas très loin d'ici à élaborer des réponses à des questionnaires. Et puis après l'élection, en 1981 j'ai été happée dans l'équipe Attali au 2 rue de l'Elysée dans un petit bureau annexe. J'ai fait mon trou, préparé des dossiers, bâtit des argumentaires… Il y avait un espace et je me trouvais là, c'est comme ça que j'ai été associée à la préparation du sommet de Versailles, le premier sommet des chefs d'Etat des pays industrialisés. C'était un peu le happening au départ en 1981. Un jour, on m'a dit tiens il faut faire un rapport pour François Mitterrand, préparer ce qu'il va dire au sommet. Rien ne m'étonnait : je devais avoir 24 ans, et je faisais le discours de François Mitterrand pour le sommet des chefs d'Etat…

En pension, vous vous intéressiez déjà dites-vous à la politique. Etait-ce dans un rôle d'observation ou bien aviez-vous déjà des opinions politiques très formées ?

C'est par le féminisme, je crois, par la question du droit des femmes que mes opinions se sont forgées. Avec la réalisation assez précoce qu'il fallait se battre pour y arriver. Donc tout naturellement à gauche. Mais ce n'était pas en réaction viscérale, comme cela a pu être dit, contre le milieu familial. Non. Par la prise de conscience de l'injustice faite aux femmes. C'étaient des années où ces questions étaient très débattues.

Quand avez-vous pris du conscience du fait que le modèle de vie plus ou moins imposé par vos parents n'était pas fait pour vous ?

En sixième. Très tôt. La sixième, c'est le retour de Martinique. Je sortais d'un établissement privé de religieuses, j'ai donc dû passer un examen pour entrer à l'école publique, et on m'a fait redoubler ma sixième, ce qui m'a peut-être fait du bien, d'ailleurs, parce que j'avais un an d'avance et j' j'étais toute jeunette. Alors je me suis retrouvée dans un collège rural d'un chef-lieu de canton des Vosges, Charmes. Pendant quatre ans, j'étais la meilleure élève de ce collège. Ça m'a tout de suite ouvert des perspectives : je me suis dit que je pouvais quand même avoir un autre destin que celui des femmes de ma famille qui ne travaillaient pas.

Des enseignants ou des camarades de classe ont-ils été déterminants ?

Des enseignants, oui, qui m'ont tout de suite poussée, qui m'ont dit qu'il fallait vraiment continuer.

Vous étiez meilleure dans certaines matières ?

Non, j'aimais toutes les matières.

Des matières que vous préfériez alors ?

Non, vraiment, j'aimais tout. J'adorais l'école. C'était un moyen de m'affranchir. Je suis un pur produit de l'école émancipatrice.

Avant l'école ou à côté, dans la famille, il n'y avait pas d'autres horizons ?

C'était dur, mais il y a toujours eu un horizon parce qu'on a vécu outremer, et ça procure des échappées imaginaires au moins. Ne serait-ce que l'imaginaire de ma naissance, c'est peut-être cela aussi qui m'a poussée…

Pourquoi c'est important pour vous d'être née à Dakar ?

Être née en dehors des frontières, c'est un plus, oui. C'est la biodiversité ! C'est le mystère. Quand on est petite et qu'on est née à Dakar, Sénégal, on est contente. Ça m'a marquée toute mon enfance. Quand à la rentrée je disais née à Dakar, Sénégal, toute la classe faisait ohhh. C'est le genre de petites choses qui marquent très fortement une identité, je pense.

À vous entendre, on a le sentiment que vous avez toujours vécu dans un statut d'outsider…

Un peu oui… Dans le débat interne au PS aussi, vous vous souvenez (rires). Et même maintenant, vous avez vu ce qui se passe… (re-rires)

Est-ce parce que vous avez toujours eu le sentiment de vivre ainsi que cette position d'outsider ne semble pas vous poser problème ?

Oui même s'il faut aussi à chaque fois de l'énergie pour s'imposer.

Enfant, y avait-il à la maison des livres ? alliez-vous au musée, au cinéma ? Quelle place occupait la culture ?

Des livres oui, parce que ma mère qui a fait une école agricole et n'a pas le baccalauréat a une culture rurale. Tout petits elle nous faisait faire des herbiers, observer la nature, mon grand-père nous apprenait les champignons… Il y a là une forme de culture originale, une éducation scientifique, botanique qui nous ouvrait l'esprit. Et puis j'ai toujours vu ma mère lire, aller à la bibliothèque du village, et parler de ce qu'elle lisait. Mon père avait une collection de livres de poche qui couvrait tout un mur.

Quelle place occupait la religion dans votre famille ? Et quel rapport vous-même entreteniez-vous à elle ?

Le rapport était très étroit, j'étais dans une famille très pratiquante. Pour moi, la religion a structuré à la fois la pensée et la transgression. C'est ça qui est très intéressant. Car quand j'ai pris conscience de l'écart entre le discours et les actes, je me suis dit, il y a quand même un problème. La religion fut un structurant culturel mais très vite, je l'ai aussi perçu comme une contrainte, comme la transmission d'un dogme, d'une discipline qui ne permettait pas l'épanouissement. Même si c'état aussi un repère, une identification. Ce qui est intéressant ensuite, c'est l'affranchissement. En comparant l'enseignement religieux avec ce qui se passait réellement, y compris au sein de ma propre famille, je voyais vite le problème . Sur la question de l'égalité hommes/femmes, sur celle du respect… Je voyais bien que ça n'allait pas.

Et aujourd'hui quel est votre rapport à la religion ?

Je ne suis pas pratiquante. Je défends très farouchement la laïcité, et en même temps je comprends les identités religieuses et le respect qu'on leur doit, par rapport aux convictions des gens. Ce sont des élements structurants de l'histoire, de la culture, des mentalités, c'est important de comprendre comment les gens réagissent. Je soutiens le dialogue interreligieux. Il faut comprendre la diversité du peuple français, dans ses identités religieuses ou, au contraire, non religieuses.

Vous parliez de la passion de votre mère pour les livres, y t-il une passion que vous avez partagé avec votre père ?

La musique peut-être. Il écoutait beaucoup de musique classique. Ça imprègne une enfance.

Et pour le reste, c'était difficile de partager avec lui ?

Difficile, oui. Il était lui-même victime d'une éducation rigide, le dialogue parent enfant existait peu, comme dans beaucoup de familles à l'époque. L'évolution des droits de l'enfant, tout cela est assez récent. Mais je n'ai pas été maltraitée. On m'a appris l'obéissance, l'honneteté, la rigueur, la discipline … Ça permet de réagir, de s'en affranchir.

De tous vos frères et sœurs, vous êtes celle qui s'en est le plus affranchi ?

Non, tous. Chacun à sa manière. Mais c'est une belle histoire. Parce qu'il y a des enfants qui ne vivent rien. Auxquels on autorise tout. Qui vont à vau l'eau, qui sont en souffrance parce qu'ils n'ont rien en face. Ils ont tout ce qui veulent. Ça n'a pas été mon cas - ça c'est sûr. Mais le principe même de l'éducation, c'est la limite. Il faut simplement qu'elle soit bienveillante et adaptable, cette limite.

Et quel a été votre rapport à l'autorité non plus parentale mais scolaire ?

Très bon. De toute façon c'était une époque où les élèves obéissaient. Il n'y avait pas beaucoup d'espace (rires)… 

Vous entrez en pension en seconde. Pour beaucoup c'est un enfermement, mais pour vous ça semble presque une délivrance…

Oui c'était une libération bien sûr. Le milieu familial étant un peu étouffant, le milieu scolaire était un milieu de liberté. Pour beaucoup d'élèves, la pension peut devenir un élément de liberté, de confort de travail…

Y avez-vous rencontré des professeurs très marquants, importants ?

Non pas tellement en pension. Davantage au collège. La professeure qui m'a le plus marqué, c'était une PEGC, une ancienne instit devenue prof d'allemand. Elle s'appelait Marguerite, je m'en souviens encore, elle était d'une bonté ébouriffante, et en même temps d'une grande rigueur. Elle adorait les élèves, entraînait toute la classe. Il n'y avait pas d'humiliation. Ça m'a beaucoup marqué les mauvais élèves humiliés. C'est dur le milieu scolaire quand est mauvais élève. Je me souviens encore du visage des mauvais élèves humiliés. Des élèves auxquels on balance les copies en leur disant : zéro, t'es encore nul ! Je vois encore les visages de ces élèves. Et c'est ce souvenir très fort qui, lorsque j'étais ministre de l'enseignement scolaire, m'a conduit à réformer la notation. Un élève n'a pas le droit d'être enfoncé. Même si le devoir ne vaut rien, ce n'est pas l'élève qui est nul, c'est le devoir qui n'est pas fait. On lui refait faire, c'est tout.

Vous faites un lien entre cette violence scolaire là, et celle qu'on peut observer, dans l'autre sens, des élèves à l'égard de l'école ?

Oui, bien sûr. Il y a des élèves qui retournent la violence contre l'école parce que l'école a échoué avec eux. Il y a une violence contre l'école parce qu'il y a une demande d'école aussi. Hélas.

En 1968, vous avez 15 ans…

Oui j'étais en troisième et c'était formidable 68. Nous, on ne faisait pas grand chose, on a dû s'arrêter deux jours. Et puis moi je prenais le ramassage scolaire et dès que le car est passé on n'a plus la chance de traînasser devant le collège… Beaucoup d'élèves de milieu rural vivent ça, ils prennent le car, rentrent chez eux et après c'est l'isolement. Mais je m'en souviens encore, je sentais que le joug de l'autoritarisme était un peu secoué.

C'est à ce moment que se politise un peu votre vision des choses ?

Ce n'est pas impossible, oui.

Vous disiez que vous regardiez les émissions politiques à la télévision seule, vous ne partagiez pas cet intérêt avec vos camarades de classe ?

Ça n'intéressait pas les filles de mon âge à cette époque là.

Et avec le recul comment voyez-vous mai 68 ?

De manière positive. Je ne fais pas partie de ceux ou celles qui passent mai 68 par pertes et profits, qui lui font porter la responsabilité d'une confusion des valeurs. Il y a eu une confusion des valeurs comme pour toute époque un peu tourmentée. Après il a fallu recadrer un certain nombre de choses, notamment sur l'éducation des enfants, des choses comme « il est interdit d'interdire » etc. Mais sans doute cette transition était-elle nécessaire pour chambouler, pour rebattre les cartes de l'organisation de la société. Ce sont des mouvements de libération qui sont extrêmement refondateurs.

Récemment l'hebdo des socialistes à fait sa une sur avoir 20 ans en 2007. De quoi aviez-vous envie à 20 ans ?

De liberté. D'insouciance. J'étais à l'université, j'étais heureuse.

Vous vous imaginiez faire quoi plus tard ?

Pas de la politique, j'avais aucune idée de qu'était un mandat, un engagement politique. Mais la chose publique déjà m'intéressait, le droit… Magistrate, je pense que c'est ce que j'avais à l'esprit.

Est-ce que votre aspiration à la rébellion, à l'affranchissement s'incarnait dans des personnalités que vous admiriez ?

Je me souviens avoir été vraiment secouée par la lecture, en terminale d'un livre de John Stuart Mill, De l'assujettissement des femmes. C'est un livre prodigieux d'actualité. La lecture de Simone de Beauvoir fut également importante. La biographie de Flora Tristan. Mais le premier livre qui a éveillé ma conscience politique c'est ce livre de John Stuart Mill.

Vous évoquiez François Giroud dans les débats télévisés…

Voilà quelqu'un à qui je m'identifiais. Féministe, intelligente, maîtrisant la parole, la dialectique, la modernité, L'Express…

L'Express, vous lisiez beaucoup la presse ?

Oui, étudiante je lisais les journaux.

Et à côté des figures intellectuelles ou politiques, certains artistes ont-ils joué pour vous un rôle important ?

Le premier film qui m'ait marquée, c'était West Side Story.

Les artistes, c'était Yves Montand, Léo Ferré, mais aussi la chanson populaire, Françoise Hardy, Christophe, Michel Polnareff. Et puis Simon and Garfunkel, au moment où je faisais du baby sitting en Irlande pendant les vacances, Leonard Cohen. Mais j'ai toujours aimé la musique classique, je ne peux pas m'en passer, Bach surtout, les concertos brandenbourgeois, le Requiem de Mozart…mon grand-père me faisait écouter de l'opérette quand j'étais enfant, j'aimais cela, les Contes d'Hoffmann…

Mes derniers spectacles, c'était Don Juan à l'Opéra Bastille, Philippe Caubère au Théâtre du Rond-Point…

Des choses très mélancoliques…

Oui, romantiques aussi.

Qu'avez-vous appris de plus important dans vos années à l'Elysée ?

Que la relation interpersonnelle était finalement ce qui était le plus efficace en politique. Même sur les sommets internationaux où l'on se dit que tout est calibré, bouclé à l'avance, François Mitterrand trouvait les moyens de dire : non ce n'est pas comme ça, ce sera comme ci. Ou : ce que vous m'avez préparé là ne tient pas debout, la ligne politique sur laquelle il faut tenir c'est celle-là. Ça marchait. L'obstination de l'action politique, de la cohérence de la pensée politique, si on la mène jusqu'au bout parce qu'on la tient fermement, ça marche.

Ça veut dire qu'il y a toujours une marge de manœuvre politique ?

Oui, la volonté politique déplace les montagnes. L'impossible devient possible. J'ai appris ça de François Mitterrand. Vu ce qu'il avait traversé pour être là, il était habité de la volonté politique. Au moins pendant le premier septennat. Il y avait une volonté permanente, il ne fallait jamais se laisser tordre dans des voies détournées, ou de se laisser imposer des choses qu'il ne sentait pas ou qui n'étaient pas conformes à sa route. Il avait la capacité de se secouer, de dire : ce n'est pas ce que je veux, ce n'est pas dans cette direction là que je veux aller, ce n'est pas ça l'horizon.

Avez-vous eu le sentiment qu'il fallait choisir entre Mitterrand d'un côté et Rocard et Delors de l'autre, entre première et deuxième gauche ?

Non, je n'étais pas du tout là-dedans. Ce n'était pas mon problème. J'étais au service de François Mitterrand. Je voyais bien les débats mais comme j'étais dans mes dossiers et non au cœur des problématiques politiques je n'avais pas tellement conscience des conflits. J'étais dans l'action, j'avais des sommets à préparer, des rentrées scolaires… Tout ce qui n'était pas attribué m'était confié : les jeunes, les problèmes de société, l'environnement… Très tôt, j'ai eu pendant ce premier septennat l'occasion de me pencher sur ces questions. Avec une grande curiosité. Je lisais tout, je rencontrais des gens, je faisais des notes, je regardais les enquêtes d'opinions, je faisais remonter tout ça à François Mitterrand, je lui faisais humer ce qui se passait, ce qui se disait. Tous les jours.

Au fur et à mesure que vous avez pris des responsabilités liés à vos mandats et à vos fonctions ministérielles, vous avez eu moins de temps pour tout cela, est-ce frustrant ?

Non parce que j'y passe encore beaucoup de temps.

Et vous pensez que c'est compatible avec la fonction présidentielle ?

C'est indispensable. Et puis il faut aussi avoir des gens autour de soi qui respirent, qui sont en palpitation. C'est ce que permet la démocratie participative. Et internet sur lequel je regarde ce qui remonte du terrain tous les jours. Tout est dit. Il faut le vouloir pour se couper du monde. Mais c'est vrai qu'il faut aussi le vouloir pour rester en contact.

Comment expliquez-vous que le mot culture soit à ce point absent de la campagne ?

Même si je n'ai pas encore prononcé mon grand discours sur la culture, j'en ai déjà beaucoup parlé. La réussite éducative, je l'ai toujours liée à la culture. J'ai dit qu'il fallait remettre de la culture partout.

Mais pourquoi a-t-on l'impression que ce n'est pas un enjeu de cette campagne ?

C'est vrai que la culture intervient tard dans la campagne. Grâce à vous, nous y voilà !

Les grandes lignes de la politique culturelle actuelle ont été définies en 1981 lors de l'arrivée de la gauche au pouvoir. Cette politique vous paraît-elle adaptée à l'époque que nous vivons ? S'agit-il de la modifier, de l'améliorer à la marge ou de la repenser plus profondément ?

En 1981, tout était à faire. Les politiques mises en place par la gauche ont permis l'éclosion d'une vie culturelle foisonnante. Depuis 25 ans de grands bouleversements ont profondément transformé le paysage culturel.

De nouvelles formes d'expression artistique ont émergé, des espaces inédits de rencontre entre le public et les créateurs se sont ouverts. Je pense en particulier à l'irruption d'internet dans la vie de chacun, notamment les jeunes.

Mais reconnaissons-le, des menaces et des dangers nouveaux se font jour. La richesse de notre vie culturelle ouvre des perspectives extraordinaires mais est aussi porteuse de dérives inquiétantes pour les artistes comme pour les citoyens : les sous-financements, les risques de concentration, les menaces de paupérisation des artistes, l'assèchement des représentations collectives et des identités, la mise en cause de la diversité, la perte de sens, les disparités d'accès à la culture sur l'ensemble du territoire. Les grandes concentrations mettent en péril la diversité de la création.

Comme le dit la grande écrivaine Toni Morrisson, « aujourd'hui tout est su, rien n'est compris. »

Je veux remettre de la pensée et de la volonté dans la politique culturelle de notre pays. C'est la mission historique de la gauche en matière de culture.

Il y a dans notre pays un profond désir de changement. Il y a le sentiment que la politique culturelle de l'Ėtat est en panne et les cinq années de droite ont accéléré la dégradation dans beaucoup de secteurs, notamment ceux du patrimoine. C'est une véritable catastrophe.

La gauche ne peut pas se penser sans la culture, ne doit jamais cesser de parler culture, de penser la culture, de vouloir la culture.

L'univers culturel s'est trouvé bouleversé ces dernières années par la révolution numérique, et c'est loin d'être fini. Comment la politique culturelle doit-elle prendre en compte ces nouvelles technologies et surtout leurs effets économiques, sociaux, juridiques et esthétiques ?

Constatons-le, les pouvoirs publics en matière culturelle et audiovisuelle ont traité la révolution numérique avec une triste désinvolture, donnant ainsi l'impression à nos concitoyens d'avoir toujours un train de retard.

Je veux que dans ce domaine la France soit à l'avant-garde.

Je suis heureuse de l'éclosion sur internet de nouveaux modes d'expression qui doivent tout à la vitalité créatrice de nos concitoyens et en particulier de notre jeunesse. Mais je ne confonds pas ce qui est l'expression d'une envie de culture et la démarche patiente, élaborée, exigeante, de l'artiste. L'un et l'autre sont indispensables. Il y a deux cents ans la France a inventé le droit d'auteur. Il n'est de grande nation que celle qui sait honorer ses artistes et leur donne les moyens d'exercer cette responsabilité singulière de témoin, de veilleur, de défricheur et surtout d'inventeur, qui sait les aider à suivre cette intuition qui les anime.

Quel que soient les chemins empruntés par les artistes pour trouver leur public, leur talent et leur travail doivent obtenir une juste rémunération.

Je veux qu'un large débat soit lancé dans tout le pays sur l'économie de la culture à l'ère numérique, pour refonder le pacte social entre la nation et ses artistes.

L'univers culturel s'est également trouvé affecté par la profonde transformation du capitalisme, entraînant notamment d'important mouvements de concentration. Comment dès lors garantir la diversité culturelle ?

Si l'on fixe bien les objectifs, s'ils sont bien compris, on trouvera les bons outils. Empêcher par exemple quelques grands groupes qui tirent leur puissance d'autres secteurs, notamment le BTP, les télécoms ou l'industrie militaire, de s'emparer progressivement de tous les médias, ce n'est pas lutter contre l'entreprise mais c'est veiller au pluralisme de l'information et à la diversité culturelle. Il faudra ainsi qu'une nouvelle législation travaille sur la définition et les critères des seuils de concentration, et ce sans doute à l'échelon européen. Aucun secteur aujourd'hui n'est épargné : la presse, l'audiovisuel, l'édition, le cinéma, la musique. Je serai de ce point de vue d'une vigilance absolue. Je veux par exemple soutenir les librairies indépendantes, dont le rôle de soutien à la diversité de la production littéraire et de lien social est indispensable. Faut-il rappeler que c'est la gauche qui a fait la loi Lang sur le Prix Unique du Livre ? je continuerai dans cet esprit.

Le développement des industries culturelles et ces phénomènes de concentration ont conduit à la constitution de groupes de culture et de médias, au point que certains chercheurs parlent aujourd'hui de médiaculture, comment articuler ces deux dimensions ?

Je vois que vous faites allusion au livre d'Eric Macé et Eric Maigret.

Incontestablement nos pratiques culturelles se déploient sur un territoire dont les frontières sont ouvertes. La distinction entre culture populaire et culture élitaire, qui générait des inégalités, n'est pas pertinente pour analyser la réalité des pratiques culturelles de nos concitoyens. Dans la même journée, nous pouvons voir une série télévisée, écouter un air d'opéra, aimer les romans de Gao Xingjian et écouter Abdelmalik ou le slam de Grand Corps Malade. Ce que l'on appelle les « cultures urbaines » sont par exemple le signe d'une vitalité réjouissante, elles ne doivent pas être ghettoïsées !

Ce décloisonnement est une réalité. Mais la possibilité accrue d'accès aux œuvres ne doit pas faire oublier que la démocratisation de l'accès à la culture reste un défi majeur, ce qui n'est pas garanti encore sur l'ensemble des territoires et des milieux sociaux.

Il ne faut pas non plus évacuer la question de la spécificité de l'art.

On ne peut imaginer une démocratisation culturelle sans artistes.

C'est à l'intersection de ces deux éléments , j'allais dire dans cette tension, médiaculture et art, que les politiques culturelles de demain s'inscriront. Ariane Mnouchkine dit : « nos enfants ne doivent pas seulement devenir des fabricants ou des consommateurs mais des êtres humains amoureux de l'humanité ». J'ajouterai : des citoyens libres, autonomes, capables de décider pour eux-mêmes et pour les autres, et de conquérir l'esprit critique, au sein de cette nouvelle République culturelle que j'appelle de mes vœux.

Quelle sera votre politique en matière d'audiovisuel public ?

La télévision devrait jouer un rôle essentiel, en étant l'espace privilégié du contact quotidien des Français avec la culture. Je dis bien « devrait », car elle renvoie souvent une image très éloignée de la réalité de notre pays.

Dans nos communes, dans nos région, la vie culturelle et artistique est foisonnante. Les cultures urbaines, les pratiques amateurs, les réseaux numériques, l'essor des identités culturelles et des langues régionales, auxquelles je suis très attachée… Partout se vérifie cette volonté d'agir et de créer, à laquelle la télévision n'offre pas ou peu de relais. Pourquoi n'y a-t-il pas de grande émission sur les arts plastiques ? Le cinéma ? La littérature ? L'histoire et le patrimoine ? La photographie ou le design ? Parce que la défense de notre identité et notre richesse culturelles, la diversité et la qualité des programmes, passent après les objectifs de rentabilité ?

Jamais je n'accepterai que la culture et l'information soient abandonnées aux seules forces du marché et à la marchandisation galopante, induite par la mondialisation libérale.

Comment concilier liberté d'entreprendre et liberté de créer ? Comment conjuguer l'efficacité économique, le soutien à l'innovation, et le pluralisme des idées, des créations, des publics ? Sortons de cette opposition absurde et stérile. Et donnons à notre pays les moyens de se doter d'une politique audiovisuelle forte, qui place tous les acteurs de cette filière, publics et privés, face à leurs responsabilités : garantir collectivement le pluralisme et la qualité de la création et de la production françaises.

Il faut développer et adapter le service public de la culture et de la communication aux nouveaux enjeux : être au service d'une information libre, d'une création audiovisuelle et cinématographique de qualité et dynamique (les fameux « films du milieu » dont parle Pascale Ferran), de programmes qui conjuguent attractivité et qualité.

Pour cela, j'entends créer les conditions d'un service public de la culture et de l'audiovisuel, fort et dynamique. Quelques initiatives y contribueront :

-La mise en place d'un Conseil Supérieur des Savoirs, des Arts, et des Sciences, directement placé auprès du chef de l'Etat, qui aura une mission d'observation, d'information, de proposition, fondée sur un constant dialogue avec tous les acteurs du monde culturel.

-La transformation du Conseil économique et social en Conseil économique, social et culturel, afin que la culture soit placée au centre, et non plus à la marge, de la réflexion sur les sujets de société, au même titre que l'économique et le social.

-L'instauration d'une Haute Autorité du Pluralisme, en lieu et place du CSA, dont le Parlement aura la responsabilité de nommer les membres, à une majorité des 3/5èmes. Ses pouvoirs seront élargis, afin de garantir, mieux encore qu'aujourd'hui, la liberté de la presse et des médias, mais aussi d'élever le niveau d'exigence culturelle des médias audiovisuels.

Il faut aussi poser la question des moyens de l'audiovisuel public, et de ses modes de financement, qui ont peu évolué depuis sa création, il y a un demi-siècle, alors qu'il n'existait qu'une seule chaîne de télévision publique. Le sous-financement de l'audiovisuel italien a participé de la stratégie de Berlusconi pour bâtir son empire aux dépens de la RAI. Est-ce vraiment cela que nous voulons pour notre pays ? Entre l'anti-modèle berlusconien qui a vulgarisé la télévision et le modèle de nos amis allemands, anglais et scandinaves qui assure la suprématie de la création, je choisis évidemment le second.

Si je suis élue, je lancerai ce débat, en y associant les Français, puisque la quasi-totalité possède la télévision et la radio dans leur foyer. Nous avons, vis-à-vis d'eux, un devoir de vérité sur les moyens aujourd'hui dévolus au service public de l'audiovisuel, et de transparence sur la production des programmes, notamment à l'heure du tout numérique, de la TNT et d'Internet.

Autant d'outils dont j'estime qu'ils doivent aussi permettre de dégager de nouvelles ressources pour la production et la diffusion d'œuvres françaises et européennes de qualité, qui soutiennent vraiment la création de qualité. Aujourd'hui, il me paraît indispensable que les fournisseurs d'accès à Internet contribuent vraiment au financement de l'audiovisuel et du cinéma français.

L'Institut national de l'audiovisuel, en rendant accessibles gratuitement sur son site Internet les trésors de notre patrimoine audiovisuel est un exemple à suivre pour lutter contre les risques de nivellement et d'uniformisation, et faire de l'outil numérique un véritable espace de création intellectuelle, d'échange de savoirs et de compréhension du monde.

Enfin, il faudra une bonne fois pour toutes mettre à plat le dossier de l'audiovisuel extérieur (TV5, France 24, RFI) et répondre au mal endémique de la dispersion des moyens et du manque de coordination. Ce dossier a été géré en dépit du bon sens ces dernières années.

Faut-il une véritable politique pour le secteur des médias privés et en particulier la presse qui connaît une crise grave ?

Le pluralisme et l'indépendance de la presse sont menacées de manière dramatique. La situation des grands quotidiens français et le problème de leur distribution sont un péril pour la démocratie.

Je ferai en sorte que la presse écrite puisse trouver un environnement favorable à son renouveau : réforme des financements publics avec une indexation des aides sur de nouveaux critères (l'importance de la rédaction notamment) , fiscalité, création d'un statut des entreprises de presse.

Il faut garantir aux titres qui le souhaitent une indépendance économique et donc éditoriale. Il faut absolument trouver une réponse au problème structurant et handicapant de la faiblesse des fonds propres des entreprises de presse, grâce, pourquoi pas ?, à un nouveau mécanisme de déductions fiscales incitant les particuliers à rejoindre les sociétés de lecteurs.

A l'heure où ce secteur connaît un bouleversement majeur et historique, celui du numérique, les pouvoirs publics doivent avoir une politique active d'accompagnement de ce secteur indispensable à la vie de notre démocratie.

Après médias/culture, une autre couple médias/école. Vous avez à de nombreuses reprises insisté sur une meilleure articulation. Quelle place pour la culture à l'école, et quelles places pour les écoles dans la culture ?

Je veux que la culture fasse une entrée massive à l'école. C'est le premier lieu de la rencontre de tous avec l'art et de la réduction des inégalités d'accès à la culture. Ce que Jules Ferry a réalisé pour le calcul et la lecture, nous avons le devoir de le faire aujourd'hui pour les arts.

Ce doit être une vraie révolution, qui commencera par la reconstruction ce que la droite a défait, en démantelant le plan « arts à l'école », initié en 2000 sous l'impulsion de Jack Lang et Catherine Tasca. Ce plan ait été sabordé par le gouvernement auquel appartient le candidat de la droite à l'élection présidentielle : quelle crédibilité de bâtisseur peut bien avoir le démolisseur ?

Moi, je veux que tous les jeunes puissent voir leur sensibilité et leur esprit critique s'éveiller, par le contact personnel avec les œuvres, la découverte des lieux de création, la rencontre avec les artistes. Je veux encourager les pratiques artistiques, notamment celles qui sont collectives, parce qu'elles sont le meilleur moyen de faire l'expérience de la vie en communauté, d'en apprendre les règles, et même de lutter contre la violence.

De la maternelle à l'université, je veux renforcer la présence de toutes les disciplines artistiques et l'éducation aux images. Le rôle essentiel des bibliothèques-médiathèques doit aussi être soutenu.

Renouons avec l'esprit du Conseil National de la Résistance qui traçait comme perspective « la possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l'instruction et d'accéder à la culture la plus développée, quelque soit la situation de fortune de leurs parents ».

Dans un livre récent sur la politique culturelle américaine, Frédéric Martel insiste sur le formidable gisement d'emploi que peut constituer la culture et plus généralement ce qu'on appelle la crative class. Que faire pour encourager ces emplois ?

Mon premier engagement sera de défendre les emplois culturels, et de faire de la culture l'un des moteurs de l'innovation économique. La culture et l'audiovisuel, filières à part entière, sont l'une des clés d'une économie moderne dans un pays développé, porteuses d'innovation, vecteurs de croissance, et créatrices d'emplois, dans le secteur public comme dans le secteur privé.

Je veux que les entreprises culturelles et audiovisuelles, qui constituent un tissu très dynamique, soient reconnues pour le rôle qu'elles jouent dans l'économie de notre pays. A ce titre, elles auront toute leur place au sein du pacte que je propose avec les PME, et pourront bénéficier de tous les moyens que j'entends mettre en place pour faciliter et soutenir les projets les plus innovants.

Nous devons être à la hauteur de ce qui fait notre force et notre identité : une certaine idée de la culture et du rôle des créateurs. C'est, pour moi, tout le sens de la notion d'exception culturelle que je veux défendre. Ce n'est pas seulement, comme le croit la droite qui en a dévoyé l'idée, un instrument pour échapper aux règles du commerce international ! C'est l'expression la plus belle et la plus noble du traitement exceptionnel dont la culture et les arts doivent bénéficier, par leur nature et par leur fonction. L'économie de l'art, c'est d'abord celle de l'imaginaire.

Ce traitement exceptionnel, je m'engage à l'enrichir, par des droits spéciaux, des financements spécifiques, des dispositifs particuliers. Contre la logique du profit immédiat, c'est du temps que l'exception culturelle doit offrir aux créateurs : le temps de la naissance de l'œuvre, comme celui de sa rencontre avec le public.

Faire vivre l'exception culturelle, c'est véritablement inscrire la solidarité au sein du monde de la culture et de la pensée. C'est donner les mêmes chances à toutes les formes d'expression artistiques, des plus populaires aux plus avant-gardistes, des plus médiatisées aux plus confidentielles. C'est garantir la diversité des œuvres, des artistes, des entreprises, des sources de financement, au service d'une seule ambition : permettre que la création reste libre et plurielle.

Depuis des années maintenant la question des intermittents se pose sans trouver de solution, comment compter vous régler le problème ?

L'intermittence était un régime unique au monde, qui a été cassé par le gouvernement sortant. Les métiers de l'art et de la création sont incertains, irréguliers, parfois saisonniers. Le régime spécial de l'intermittence assurait une certaine régularité des revenus et une péréquation entre les plus privilégiés et les plus précaires. C'est la solidarité interprofessionnelle qui doit être rétablie à tout prix. En brisant ce régime le gouvernement a porté un coup à la création.

Dès mon élection, je m'engage à remettre sur le métier, avec les partenaires sociaux, le nouveau protocole qui vient d'être signé, car il est contraire à la philosophie qui a présidé à sa création : la solidarité entre les professions et entre les générations, la mutualisation.

Je partage ce que disait très justement Pascale Ferran lors de la soirée des César : « Sous couvert de résorber un déficit, on exclut les plus pauvres pour indemniser les plus riches ».

Il faut aussi des incitations fortes pour que les entreprises culturelles et audiovisuelles transforment nombre de contrats d'intermittents en CDI, comme l'exige le Code du Travail.

Cette réforme s'impose, non pas au nom d'avantages acquis, mais parce que l'équité et l'efficacité du système sont la condition de la vitalité artistique et culturelle de notre pays, elle-même condition du dynamisme économique et social de la France et de son rayonnement.

N'y t-il pas une inégalité forte entre les domaines : les plasticiens, les écrivains ne bénéficient aucunement de ce type de statut.

Je ne souhaite pas découper en clientèles le monde artistique. Les différents secteurs culturels n'ont ni la même réalité, ni les mêmes réseaux artistiques ni les mêmes circuits économiques. Une des bases de l'intermittence dans le spectacle, le cinéma, l'audiovisuel, c'est la présomption de salariat. Dire que demain les écrivains et les plasticiens deviendraient des salariés ne serait pas réaliste et serait surtout dangereux. Pour autant, cela ne doit pas nous conduire à maintenir des cloisonnements alors que les arts s'hybrident et se métissent, que les disciplines se rencontrent et fusionnent, écriture, spectacle vivant, jeux... Une fois le système de l'intermittence remis sur pied et les blessures soignées, j'ouvrirai très vite avec l'ensemble des partenaires le chantier de l'emploi culturel avec toutes les professions. Je crois en particulier qu'il faut que nous réconciliions le droit du travail et le droit de la propriété intellectuelle comme nous avons su le faire dans les années 80 en reconnaissant les droits des interprètes.

Je souhaite la valorisation des gisements nombreux d'emplois culturels de la maternelle à l'université, dans les nouvelles technologies et la médiation culturelle. La rénovation des universités passera aussi par la culture : il faut mieux équiper les campus et favoriser les pratiques artistiques de tous les élèves et les étudiants.

(à suivre...)

Par Rédacteur - Publié dans : Actualité Ségolène Royal (presse)
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 13 mars 2007 2 13 /03 /2007 15:45

Aux Etats-Unis, il existe un tiers secteur très fort, ne pourrait-on pas imaginer créer en France aussi un statut d'organisation non profit qui serait soumises à d'autres règles juridiques, sociales et fiscales ?

D'abord je veux renouer avec l'audace de ceux qui avaient porté l'exigence que le budget de la culture atteigne 1% du budget de l'Etat. Si je suis élue, la culture sera une de mes priorités budgétaires : je redonnerai à la culture les moyens qu'elle avait durant les meilleures années des gouvernements de gauche. Les entreprises de l'économie sociale et solidaire y auront aussi leur place.

Je veux, aussi, relancer la décentralisation culturelle, en renouant avec l'esprit de 1982. Aujourd'hui, les communes, les départements, les régions, les structures intercommunales, sont devenus les premiers financeurs de la culture. Ces dernières années, des politiques culturelles locales ambitieuses et novatrices se sont souvent substituées à un Etat silencieux, voire défaillant.

Je n'entends pas être la Présidente d'un Etat qui se défausse sur les collectivités territoriales. Dans le domaine des arts et de la culture, je veux un Etat fort, attentif, impliqué. Mais qui permette, aussi, aux régions, aux départements, aux villes, d'avoir une réelle capacité d'initiative, en leur donnant les moyens financiers et humains de porter de nouveaux projets, et de participer concrètement à l'aménagement culturel de nos territoires.

Complémentarité des rôles, responsabilités partagées : c'est aussi cela, un véritable service public de la culture, tel que le souhaitait Jean Vilar. Je souhaite lui redonner une puissance sans précédent, artistique, politique, institutionnelle et budgétaire. A la tête de ma région, j'ai doublé les crédits destinés à la culture pour soutenir l'emploi culturel dans la production et la diffusion des créations, pour mettre en place dans chaque lycée un projet culturel, pour créer dans chaque lycée un poste d'animateur culturel, pour soutenir les festivals ; et en contrepartie des subventions régionales, j'ai demandé aux festivals et aux salles de spectacle de la Région d'offrir des places à des gens qui habituellement n'ont pas accès à la culture. J'ai aussi lancé une politique de soutien à la création plastique qui favorise l'insertion et la promotion des plasticiens en leur garantissant le droit de présentation ; un Plan Arts de la Rue, un Plan Art Roman ; j'ai consolidé le soutien au spectacle vivant et au cinéma.

Je suis très attachée au rôle des associations, dont la mission d'éducation populaire est irremplaçable. Il faut encourager et développer leur travail remarquable pour garantir l'égalité d'accès de tous les citoyens à la culture, partout où ils expriment leur soif de musique, de théâtre, de danse, de cinéma, d'opéra, de littérature, de peinture, de poésie.

Je ne crains pas de l'affirmer : c'est aussi la responsabilité du politique que de permettre à chacune et chacun de faire l'expérience du plaisir des sens, de l'émotion esthétique, de la découverte de la beauté. Et pas seulement dans les musées ou dans les « beaux quartiers » mais aussi dans les lieux où l'art a plus de peine à rentrer. Les associations ont par exemple un rôle à jouer dans l'amélioration de la vie dans les maisons de retraite, elles font un travail remarquable dans les prisons où elles introduisent de l'humanité.

La politique culturelle de demain devra garantir la pérennité de leur financement, et la régularité de celui-ci. Il n'est pas normal que les subventions publiques financent des agios bancaires tout simplement parce que les subventions ne sont pas versées en temps et heure.

Vous semblez adopter une approche pragmatique de la culture, l'alternative entre politique en direction de la création et politique en direction des publics serait-elle une fausse alternative ?

Que vaudrait une politique culturelle qui aiderait les créateurs sans penser à ceux à qui ils s'adressent, qui prétendrait s'intéresser aux publics en oubliant les artistes ? Ce serait absurde. Je n'ai pas une vision technocratique de la politique culturelle. Il y a une alchimie merveilleuse lorsque la subjectivité d'un artiste rencontre la sensibilité de son prochain. Aujourd'hui, l'enjeu n'est plus seulement l'accès illimité, mais le choix éclairé. Nous avons le devoir d'agir pour éviter que la profusion n'efface les frontières entre l'art et le divertissement, entre les produits marchands et les biens culturels. Pour empêcher que les besoins artificiels se substituent aux valeurs essentielles, que les citoyens se perdent dans un monde virtuel sans repères ni critères.

Permettez-moi d'évoquer la dimension internationale et européenne de la politique culturelle que je souhaite. Cette «Europe par la preuve » que je veux bâtir, ce sera aussi, l'Europe de la culture et de l'audiovisuel. Je défendrai la règle de l'unanimité pour garantir l'exception et la diversité culturelles, contrairement à la droite qui est favorable à la règle de la majorité qui signifierait la mort de l'exception culturelle. J'encouragerai la coopération avec les pays du sud et notamment méditerranéens pour soutenir toutes les formes de création. Le cinéma africain a des liens étroits avec le nôtre : nous devons les approfondir : quel meilleur exemple que le film franco-malien d'Abderrahmane Sissako, Bamako !

La culture c'est aussi un enjeu européen, c'est même le cœur battant de cette grande aventure. Comme l'écrivait Fernand Braudel : « la culture est la langue commune de l'Europe ».

Je veux porter cette ambition !

Source : Les Inrockuptibles n°589 du 13 au 19 mars 2007

Par Rédacteur - Publié dans : Actualité Ségolène Royal (presse)
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 10 mars 2007 6 10 /03 /2007 14:08

La candidate socialiste à la présidentielle fustige le projet de son rival de créer un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale. Nicolas Sarkozy, lui, défend sa proposition malgré les vives critiques.

Ségolène Royal a dénoncé, samedi 10 mars, la proposition "assez ignoble" de son rival Nicolas Sarkozy de mettre en place un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, déplorant une "confusion malheureuse".

"Je trouve assez ignoble de faire cet amalgame entre l'identité française et les travailleurs immigrés", s'est indignée la candidate socialiste en marge du Salon de l'agriculture à Paris. "Je pense que c'est une confusion malheureuse".

"Jamais les travailleurs immigrés n'ont menacé l'identité française", a-t-elle souligné. "Au contraire, les immigrés réguliers, qui sont demandés par les entreprises, qui viennent en France souvent pour faire du travail que les Français ne veulent pas faire, contribuent à la croissance économique".

Critique unanime

La quasi-totalité des adversaires politiques de Nicolas Sarkozy, ainsi que les associations de défense des droits de l'homme, s'accordent pour fustiger son projet.

"Une frontière a été franchie", pour François Bayrou, tandis que François Hollande déplorait "un flirt poussé avec les thèses du Front national".

Lors de l'émission "A vous de juger" sur France-2, le candidat de l'UMP a redit jeudi son souhait de renforcer à nouveau les conditions d'accès au regroupement familial par une loi qui imposerait aux familles des étrangers installés en France d'apprendre le français, "ou en tout cas des rudiments de français avant de venir en France". Il a réaffirmé sa volonté de créer un grand ministère regroupant toutes les compétences liées à l'immigration.

Alors que le projet adopté par l'UMP prévoit un ministère baptisé "de l'Immigration et de l'Intégration", Nicolas Sarkozy a choisi d'utiliser l'expression "de l'immigration et de l'Identité nationale". Le lien entre les deux termes "est tout aussi nécessaire qu'opportun", ont justifié ses porte-parole Rachida Dati et Xavier Bertrand dans un communiqué. "Nous pensons, en effet, qu'il ne peut y avoir d'immigration réussie sans intégration, et pas d'intégration sans connaissance et respect des valeurs de la République française."

"Un homme politique dangereux"

" La France est un pays qui s'est ouvert qui a toujours été ouvert et ceux que nous accueillons doivent prendre en partage cette histoire et ces valeurs", a expliqué Nicolas Sarkozy en déplacement en Normandie. "Dans les valeurs de la France , de l'identité de la France , il y a la laïcité, il y a l'identité, il y a la République ", a-t-il détaillé. Ecartant les "petites polémiques", il a jugé que les termes "identité nationale" "ne sont pas des gros mots".

Ces déclarations de Nicolas Sarkozy sont "un constat d'échec", a au contraire estimé le premier secrétaire du Parti socialiste François Hollande, qui a rappelé sur France-Info que le ministre de l'Intérieur "depuis cinq ans, a fait voter deux lois sur l'immigration". "Et maintenant dans la campagne présidentielle, tout à trac, il nous annonce une nouvelle loi, un nouveau ministère".

Pour le candidat UDF à la présidentielle François Bayrou, "une frontière a été franchie" par le ministre de l'Intérieur. "Qu'on ait un ministère pourquoi pas? Mais enfermer dans la même phrase immigration et identité nationale", a-t-il analysé sur Europe-1, s'interrogeant sur "ce que cela cherche à évoquer".

"Accoler immigration et identité nationale renvoie aux épisodes les plus sombres de notre histoire", a renchéri la candidate communiste Marie-George Buffet dans un communiqué. Les déclarations de Nicolas Sarkozy visent à "donner des gages aux thèses xénophobes et racistes du Front national", ce qui "est indigne d'un candidat républicain", a-t-elle jugé. Pour elle, "Nicolas Sarkozy est un homme politique dangereux".

"Flirter avec les pires heures du passé"

Sans réellement critiquer la proposition de Nicolas Sarkozy, le FN dénonce "une petite opération de racolage" sur ses terres et réserve ses critiques à François Bayrou. Le candidat centriste est accusé, dans un communiqué, d'interdire "de penser que l'immigration puisse porter atteinte à l'identité nationale, alors que l'histoire et l'actualité nous montrent qu'il s'agit d'une terrible réalité".

Quant au candidat "gaulliste et républicain" à la présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan (ex-UMP), il a jugé "surréaliste que le ministre de l'Intérieur, qui a été cinq ans au pouvoir, qui nous a fait voter je ne sais combien de lois, propose maintenant un ministère". Interrogé sur LCI, le président de "Debout la République " a préconisé "la suspension du regroupement familial qu'il faut oser accomplir".

"Nicolas Sarkozy n'hésite par à flirter avec les pires heures du passé", commente le MRAP, tandis que SOS Racisme affiche sa "totale désapprobation". L'association s'étonne également de voir le ministre adopter "une vision de l'identité nationale aussi rétrécie et conservatrice alors qu'une des grandes richesses de la France , c'est justement d'avoir su, à chaque époque, recomposer, adapter, enrichir cette identité".

France Terre d'Asile a dénoncé "un clin d'oeil appuyé aux électeurs du Front national". Dans un communiqué, son directeur général Pierre Henry se demande ce qu'est l'identité nationale dans un pays "où un Français sur quatre a un parent ou un grand-parent immigré".

Source : AP via nouvelobs.com

Par Rédacteur - Publié dans : Actualité Ségolène Royal (presse)
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Samedi 10 mars 2007 6 10 /03 /2007 13:49

Ségolène Royal a affirmé samedi en visitant le salon de l'agriculture que la France ne devait "plus faire de concessions" en matière agricole à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) tant que les productions étrangères ne présenteront pas les mêmes garanties qu'en France.La candidate socialiste à l'élection présidentielle a passé un peu moins de trois heures au salon de la porte de Versailles, limitant sa visite au pavillon consacré à l'élevage au milieu d'un public de curieux, réservés pour la plupart, plutôt que de sympathisants.

Présidente d'un région rurale, le Poitou-Charentes, elle a exprimé sa "reconnaissance" à "la profession agricole, qui a déjà fait beaucoup d'efforts, notamment les éleveurs" en matière de sécurité sanitaire. "Ce sont les paysans qui permettent le maintien des identités rurales et des paysages", a-t-elle aussi fait valoir.

Mais Ségolène Royal, sensible depuis longtemps à la préservation de l'environnement - elle fut ministre en charge de ce secteur en 1992-1993 -, a estimé également que "tout ne va pas bien" en milieu rural, à cause, entre autres, de "la pollution de l'eau et des nappes phréatiques".

Sans mettre en cause explicitement la responsabilité des agriculteurs, elle a rappelé que "la loi sur l'eau sera revue" si elle gagne l'élection présidentielle pour mieux parer aux risques de pollution des eaux et donc aux risques sanitaires.

La candidate PS a dit sentir les agriculteurs "inquiets" du changement des règles de la politique agricole commune (PAC) et s'est voulue rassurante en s'engageant à "préparer avec eux la réforme de la PAC".

Ségolène Royal s'est dite soucieuse de protéger les intérêts des agriculteurs français dans ce domaine, comme Nicolas Sarkozy la veille. Faisant remarquer que ce sont eux qui subissent "les contrôles sanitaires les plus avancés" de leurs exploitations, la députée des Deux-Sèvres a demandé "que la France n'accepte plus de concessions" en matière agricole à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) "tant que les productions étrangères ne présenteront pas les mêmes garanties qu'en France".

"Je n'accepte pas que d'autres pays puissent exporter leur viande en France alors que les contrôles sanitaires ne sont pas de même qualité", a lancé la candidate, citant "l'Amérique du sud".

A son arrivée, Ségolène Royal avait pris son petit-déjeuner avec des éleveurs et le président de la FNSEA Jean-Michel Lemetayer. Ils l'ont régalée d'un filet de charolais, qu'elle a mangé de bon appétit, avec deux verres de vin.

Dans les allées, les curieux se pressaient pour serrer la main de la candidate socialiste ou la prendre en photo. A grand-peine, en raison du service d'ordre nombreux et de la meute de photographes et cameramen qui la précédait. Mais on n'a pas entendu de "Ségolène, présidente!".

Ségolène Royal a goûté au chablis offert par un producteur bourguignon et dégusté des fromages. Les photographes ont pu saisir l'image de la candidate, caressant une vache ou tenant dans ses bras un agneau.

Source :  AFP via Yahoo! Actualités

Par Rédacteur - Publié dans : Actualité Ségolène Royal (presse)
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Présentation

Recherche

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés