Extraits de l'émission :
Principales dépêches :
Ségolène Royal : la campagne est "très rude", je "reprends toute ma liberté"
PARIS, 15 mars 2007 (AFP) - Ségolène Royal a estimé jeudi soir que la campagne électorale était "très rude" mais "à la hauteur de l'enjeu", assurant qu'elle prendrait ses responsabilités pour être au second tour.
La campagne "est très rude et en même temps elle est à la hauteur de l'enjeu", a affirmé Mme Royal dans l'émission A vous de juger sur France 2. "Les Français nous observent" et veulent que "cette "élection serve à quelque chose" et qu'ils aient "un vrai choix".
"Aujourd'hui je suis dans la dernière ligne droite et je reprends toute ma liberté", a-t-elle poursuivi tout en estimant "un peu vrai" qu'elle se retrouve en partie "coincée" dans la campagne par le poids du Parti socialiste.
Selon elle, la France est dans une "crise très profonde" et "le choix qui sera fait par les Français dans quelque semaines va définir notre avenir commun pas seulement pour cinq ans (mais) sans doute pour toute une génération. Et donc il ne faut pas se tromper".
Interrogée sur les derniers sondages qui la donnent talonnée par le candidat centriste François Bayrou au premier tour, elle a assumé la pleine responsabilité de sa campagne. Elle a dit "ne pas croire" qu'elle pourrait être absente du second tour, tout en rappelant que "ce sont les Français qui choisiront".
"Tout dépend de moi", a-t-elle affirmé. "Ce combat est absolument crucial. Je crois que les Français cherchent, regardent, observent, écoutent, ils ne veulent pas se laisser avoir une nouvelle fois", après "tant de promesses faites et non tenues".
"Il y a un projet à droite, celui de Nicolas Sarkozy, il y a un projet à gauche, c'est le mien, et puis il y a François Bayrou, qui pour l'instant n'a pas de programme".
"A un moment, il va y avoir l'heure de vérité". "Le choc des projets doit avoir lieu", a-t-elle affirmé.
Elle a une nouvelle fois attaqué le candidat centriste sur son positionnement politique, relevant "qu'il a toujours fait des alliances au sein de la droite et avec la droite".
Interrogée sur le nom de son éventuel Premier ministre, elle a assuré: "J'en ai plusieurs, vous ne serez pas déçue".
"Sa première feuille de route sera de faire en sorte que le travail soit moins taxé que le capital", a-t-elle dit.
Interrogée sur la généralisation des 35 heures, elle a assuré qu'il ne fallait par "les imposer unilatéralement". L'objectif est de donner de "la sécurité aux salariés et de la flexibilité aux entreprises".
Sur la question de la dette, elle a affirmé qu'il fallait des "économies sur les dépenses de l'Etat" et évoqué la question de la "répartition des compétences Etat-régions", la "relance économique", "le déblocage de la machine économique".
Au sujet de l'éducation, domaine dans lequel elle a eu des positions controversées, elle a réitéré sa promesse "d'états-généraux de l'éducation", secteur sur lequel elle veut "mettre le paquet" pour "défendre l'école de la République et lui donner tous les moyens".
Enfin "libre", Royal affirme qu'il n'y aura "aucune négociation" avec Bayrou
PARIS (AP) - "Je reprends toute ma liberté": affirmant être enfin "libre" après avoir été contrainte de "composer" avec des "éléphants" socialistes qui ont eu "un peu de mal" à la soutenir, Ségolène Royal a affirmé jeudi soir qu'il n'y aurait "aucune négociation" avec François Bayrou si elle était élue, l'accusant de ne pas avoir de programme.
Interrogée sur le livre brûlot que sort l'ancien "chiffreur" de son programme, Eric Besson, qui a claqué la porte du PS le 21 février, elle l'a qualifié de "péripétie". "Il a du talent Eric Besson, il aurait dû parler de la France, ça aurait été plus intéressant", a regretté sur France-2 la candidate du PS, qui a semblé accuser le coup et a dit plusieurs fois qu'elle trouvait la campagne "difficile" et "très rude".
Ségolène Royal, qui a pris le risque de perdre une partie de son image de rénovatrice en intégrant les "éléphants" dans son équipe, a reconnu qu'elle avait été "moins libre" et avait dû "composer" avec le PS. Mais "aujourd'hui je suis dans la dernière ligne droite et je reprends toute ma liberté", a-t-elle assuré. "Tout dépend de moi", a-t-elle noté, se disant "déterminée à (s)e faire comprendre des Français".
Alors qu'elle a accusé dimanche les ténors du PS de ne pas avoir "suffisamment fait bloc autour" d'elle, elle a dit "comprend(re) qu'ils aient mis du temps sur le plan humain. C'était un peu imprévu ma désignation, ce n'était pas dans les logiques du PS" et "c'est une mutation du PS". Une page refermée, selon elle: "je me tourne vers l'avenir. Tout le monde est à son poste, tout le monde est sur le terrain en train de valoriser (m)es propositions" présidentielles.
Interrogée sur François Bayrou, Ségolène Royal a affirmé qu'"il n'y aura aucune négociation" avec l' UDF si elle est élue. "Je n'en ai même pas eu au PS des négociations, alors vous imaginez que je ne vais pas en avoir avec des personnes qui cherchent un peu où est la meilleure sortie!", a-t-elle lancé. "Moi je suis pour la clarté", "je ne suis pas dans des négociations d'appareil ou de personnes".
Elle a à nouveau accusé son rival UDF de ne pas avoir de programme. "A un moment, il va y avoir l'heure de vérité", a-t-elle prévenu, "j'attends son programme, nous en débattrons et les Français choisiront et je suis confiante". "Le choc des projets doit avoir lieu".
Présentant implicitement François Bayrou comme un homme seul, elle s'est dite "appuyée par une organisation politique", le PS. "C'est une chance parce que ça prépare aussi la stabilité du pouvoir pour après, dans le cadre d'une majorité parlementaire", a-t-elle observé.
"Je veux que les Français aient un vrai choix" et "qu'ils ne soient pas comme en 2002 privés de ce choix, projet contre projet, valeurs contre valeurs", a-t-elle plaidé, promettant aux Français de ne pas "instrumentaliser" leur vote.
Enfin, alors qu'on lui demandait si elle avait déjà choisi son Premier ministre, Ségolène Royal est restée mystérieuse: "j'ai plusieurs hypothèses", "vous ne serez pas déçus". AP
Ségolène Royal "contre l'assistanat", pour "la responsabilité"
PARIS, 15 mars 2007 (AFP) - Ségolène Royal a assuré jeudi soir être "contre l'assistanat", se prononçant pour "une société de la responsabilité" et accusant son concurrent Nicolas Sarkozy de vouloir au contraire "détruire les solidarités de base".
"Je suis contre l'assistanat", a déclaré la candidate PS à la présidentielle dans l'émission A vous de juger sur France 2.
Relancée sur le fait que cette déclaration était proche de celles de M. Sarkozy elle a démenti toute similitude, affirmant "Sarkozy dit que le meilleur gagne. Il détruit les solidarités de base".
"Moi je dis: que chaque être humain ait accès à la dignité (...) mais en échange il fait un effort ou il donne une prestation", donnant l'exemple des étudiants boursiers qui "en contrepartie" pourraient donner des heures de soutien scolaire.
Elle a estimé que s'établirait ainsi "une société de responsabilité".
Enfin, elle a assuré vouloir instaurer un service civique "obligatoire", dossier sur lequel sa position avait un temps varié sur ce caractère d'obligation.
Elle a toutefois relevé que les six mois prévus pour un tel service ne se feraient "pas forcément d'affilée" et que cette période "pourrait avoir une dimension militaire".
Ségolène Royal : "Ce serait une erreur de rejeter la Turquie parce que c'est la Turquie"
PARIS, 15 mars 2007 (AFP) - La candidate PS à la présidentielle Ségolène Royal a affirmé jeudi soir sur France 2 que "ce serait une erreur de rejeter la Turquie" d'une éventuelle entrée dans l'Union européenne "parce que c'est la Turquie".
Invitée de l'émission "A Vous de Juger", Mme Royal a expliqué qu'il n'y a pas de "principes", mais qu'"il n y a que des faits".
"Je pense que la Turquie ne remplit pas les conditions aujourd'hui" (d'entrée dans l'UE) et qu'il faut une pause (dans l'élargissement) pour que l'Europe déjà fonctionne bien", a-t-elle affirmé.
"Je pense que ce serait une erreur de rejeter la Turquie parce que c'est la Turquie", a poursuivi Mme Royal. "Nous avons intérêt à arrimer aux valeurs humanistes de l'Europe le plus grand nombre de pays et la Turquie est un grand pays laïc, je le rappelle".
"Nous avons toujours intérêt à ce que des pays s'arriment à ces valeurs-là, y compris dans le cadre d'associations privilégiées", a-t-elle précisé.
Euthanasie : Ségolène Royal souhaite "une décision collégiale au sein de l'hôpital"
PARIS (AP) - La candidate socialiste Ségolène Royal a jugé jeudi soir qu'il fallait "rouvrir" le débat sur l'euthanasie et a souhaité que la décision soit prise d'une manière "collégiale au sein de l'hôpital".
Emue, la prétendante à l'Elysée a rappelé qu'elle avait "assisté à une fin de vie atroce d'un proche". "J'ai connu ce sentiment d'abandon, de n'avoir rien pu faire", a-t-elle ajouté lors de l'émission "A vous de juger" sur France-2.
"La question se pose", a insisté Ségolène Royal. "En même temps, il faut éviter toutes les dérives. Je crois qu'il va falloir rouvrir ce débat". Elle a exprimé l'idée de prendre la "décision" d'une manière "collégiale, au sein de l'hôpital". Selon elle, il faut associer "les familles" qui sont "souvent" les "moins bien placées pour évaluer cela".
Sa position intervient alors que la cour d'assises de la Dordogne a condamné jeudi un médecin, le Dr Laurence Tramois, à un an d'emprisonnement avec sursis pour avoir donné la mort à une patiente et a acquitté l'infirmière Chantal Chanel accusée des mêmes faits.
Lundi, le premier secrétaire du PS François Hollande avait annoncé que Ségolène Royal ferait voter au Parlement une loi permettant l'euthanasie active sous conditions et "avec toutes les précautions nécessaires". Ce texte reprendrait la proposition de loi citoyenne défendue par Marie Humbert, qui prévoit d'inscrire dans le Code pénal une "exception d'euthanasie". AP
Ségolène Royal veut rééxaminer la question des retraites dès le lendemain de l'élection
PARIS (AP) - Ségolène Royal a indiqué jeudi soir que la question des retraites serait rééxaminée lors d'une "conférence" avec les partenaires sociaux dès le lendemain de la présidentielle si elle était élue, pour "remettre à plat les inégalités les plus criantes" de la réforme Raffarin. La durée de cotisation serait calculée en fonction de "la pénibilité des tâches" et non selon des "critères arithmétiques".
"La question de la réforme des retraites sera à l'ordre du jour de la conférence qui sera immédiatement convoquée dès l'élection entre patronat, organisations syndicales", "un certain nombre de corps intermédiaires représentatifs", "les associations de retraités" et "les consommateurs", a précisé la candidate du PS sur France-2.
Interrogée sur les modifications qu'elle apporterait à la réforme de 2003, elle a dit vouloir "remettre à plat les inégalités les plus criantes". Evoquant notamment la situation des femmes, elle a jugé que "la réforme Raffarin a été scandaleuse" et a "accru considérablement les inégalités" car elle n'a pas tenu "compte des raisons pour lesquelles les femmes avaient été soit au chômage partiel soit avaient volontairement arrêté" de travailler "pour élever leurs enfants".
Elle a également répété qu'elle souhaitait augmenter les petites retraites. Le 19 février, elle avait évoqué une hausse immédiate de 5%", et "ensuite nous monterons en puissance".
Alors que la réforme Raffarin prévoit de porter la durée de cotisation à 41 ans pour tous en 2012, Ségolène Royal a souhaité sortir des "schémas arithmétiques". "Cette question de la durée de cotisation, nous la regarderons au vu de la vie réelle des gens" et "pas des critères arithmétiques" ou de l'âge de départ en retraite, a-t-elle précisé. "Le critère essentiel, c'est de calculer la durée de cotisation en fonction de la pénibilité des tâches et donc de l'espérance de vie". AP
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