Tribunes

Lundi 30 mars 2009

Régis Debray - La Fraternité
Vidéo envoyée par segoleneparis

Lors de l'AG de Désirs d'Avenir, Régis Debray nous livre ses réflexions à propos du mot " Fraternité ".

Par Rédacteur
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Jeudi 8 mai 2008

POUR UN CONGRES UTILE ET SEREIN DANS LES HAUTS-DE-SEINE

 

En novembre prochain, les Socialistes devront se prononcer sur l’orientation que doit prendre le PS pour son avenir ; nous devons faire du prochain congrès, un congrès utile et serein.

 

Un congrès utile aux français :  Notre Parti a dés sa fondation en 1905 porté les valeurs républicaines d’éducation, d’égalité, de progrès et de justice sociale, de construction de la paix. Ses élus sont respectés pour le sérieux de leur travail et leurs compétences. Pour autant, faute d’avoir tranché certaines questions, le Parti Socialiste s’il arrive toujours à inspirer confiance lors de scrutins locaux, peine à proposer une alternative crédible à la politique néolibérale conduite par Nicolas Sarkozy.

            Nous devons affronter la réalité, à l’écoute des Français,  et confirmer notre vision d’une France du XXI siècle qui concilie nos valeurs et les exigences d’un monde en profonde mutation.   Seul un PS, responsable et lucide sera une vraie promesse d’alternance à gauche.

Un congrès serein pour le PS : Faisons vivre le débat d’idées et tranchons les questions stratégiques. Mais évitons les dissensions qui nous ont affaiblis en 2007 et démontrons la force de nos valeurs, de nos convictions et notre capacité à transformer ensemble la France.

Pour atteindre ces deux objectifs, de nombreux camarades (parmi eux Ségolène Royal, François Rebsamen, Vincent Peillon, Jean-Louis Bianco, Manuel Valls, Delphine Batho, Aurélie Filipetti, Jean-Pierre Mignard, Najat Belkacem, Dominique Bertinotti…) ont pris l’initiative d’inviter les militants socialistes à une consultation participative pour dégager les grandes lignes d’une contribution de large rassemblement. Ils veulent construire, avec mes militants, les réponses du PS à 10 questions essentielles que se posent vraiment les Français :

1.      Il faut sortir du fossé entre un discours pseudo révolutionnaire dans l’opposition et un conformisme économique au pouvoir : de quelle façon ?

2.      Le socialisme ne peut pas se contenter d’aménager le capitalisme financier à la marge : comment produire et répartir autrement la richesse ?

3.      Que reprendre des modèles progressistes des autres pays et que rejeter ?

4.      Il faut pousser l’agilité des entreprises, le goût du risque et l’esprit d’entreprendre, tout en améliorant la situation des salariés et leurs sécurités sociales. Avec quel compromis ?

5.      Il faut rééquilibrer le rapport de force entre le travail et le capital par une meilleure répartition du profit. Quels contre-pouvoirs dans l’entreprise ?

6.      Comment rompre avec la redistribution passive et bureaucratique comme principal moyen de s’attaquer aux injustices sociales ?

7.      Comment améliorer le projet européen pour ne pas oublier les intérêts des peuples et des pays ?

8.      Les peuples du Nord doivent être protégés de la concurrence internationale sans que les peuples du Sud ne soient  victimes du protectionnisme. Avec quelles nouvelles règles ?

9.      Les Etats et le marché doivent assurer la sauvegarde écologique de la planète : quel nouveau modèle de développement ?

10.  Le Parti socialiste doit intégrer toutes les nouvelles formes de militantisme et d’engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ?

Un site http://www.congresutileetserein.com/ a été mis en place afin de recueillir l'ensemble des contributions et de permettre la participation du plus grand nombre.

Dans notre département, nous vous invitons à venir débattre de cette initiative l'occasion de deux rendez-vous :

- le mardi 20 mai à 20h30 à Clamart (salle du Pavé blanc - 44, route du pavé blanc) en présence de Jean-Louis Bianco (sous réserve), député

 le mardi 27 mai à 20h30 à Asnières (salle du Tribunal au Théâtre d’Asnières –Place de l’Hôtel de Ville en présence d'Aurélie Filipetti (sous réserve), députée

Premier(e)s signataires de l’initiative dans les Hauts-de-Seine 

-Alexis Bachelay (www.alexisbachelay.fr 06 09 14 14 01), Nicolas Gatineau (nicolas.gatineau@club-internet.fr 06 07 13 83 34), Laurence Lenoir (laurencelenoir92@gmail.com), Jacques Marilossian (jacques.marilossian@wanadoo.fr, 06 21 13 06 14), Dominique Millecamps (dominique.millecamps@wanadoo.fr 06 80 03 97 16) et de nombreux autres camarades....

Rejoignez-nous sur http://www.congresutileetserein92.com/ !


 

NDLR : Tribune publiée dans le n° 158 du "Poing et la Rose" (organe de la Fédération Socialiste des Hauts-de-Seine)

Par Rédacteur
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Vendredi 8 février 2008
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C'est un verdict sévère qui vient d'être rendu sur les huit premiers mois de la présidence Sarkozy : en janvier, le moral des ménages a atteint un minimum historique. Stagnation des salaires, croissance faible, hausse des prix, déficits publics, absence de perspectives pour les jeunes, dont le pessimisme est plus fort que partout ailleurs : l'inquiétude est vive.

Malgré les promesses inconsidérées, nous savions bien que tous les problèmes ne seraient pas résolus en un an. Mais nous étions au moins en droit d'attendre que la situation ne s'aggrave pas. Aujourd'hui, règne la brutalité d'un système où l'argent fou fait la loi, où les valeurs humaines reculent chaque jour un peu plus, où le plus grand nombre paient pour des puissants dont l'impunité est proportionnelle à l'irresponsabilité.

Le choc de confiance promis a laissé place à un choc de défiance, qui dégénère aujourd'hui en vent de révolte. Tout était possible, hier ; mais trop de temps et de fonds publics ont été gaspillés. L'urgence du pouvoir d'achat n'a pas été traitée, l'avenir n'a pas été préparé, la désinvolture publique a tenu lieu de morale politique.

Chacun a compris que le "paquet fiscal" n'avait pas fait frémir d'un dixième la croissance. Pourtant, avec 15 milliards d'euros dépensés chaque année, le budget des universités et des centres de recherche aurait pu être durablement multiplié par deux. La prime pour l'emploi aurait pu être également doublée, donnant à plus de huit millions de salariés français l'équivalent d'un treizième mois. Et avec 15 milliards d'euros, il y avait encore de quoi amorcer notre désendettement.

Quant aux réformes engagées, universités, retraites, marché du travail, elles sont toujours partielles, souvent injustes et à l'effet aléatoire. La réforme du marché du travail, par exemple, consacre la fusion entre ANPE et Unedic : pourquoi pas ? Mais les moyens en faveur d'un service public de l'emploi efficace et d'une véritable sécurité sociale professionnelle ne sont pas engagés.

Pour remplir les caisses qu'il a contribué à vider, Nicolas Sarkozy est devenu "monsieur taxes". Taxe sur la santé avec les franchises médicales, hausse du rendement de la TIPP et de la TVA, création d'un impôt sur les séjours hôteliers, taxation de la publicité, retour en clair-obscur de la TVA sociale : le gouvernement demande aux revenus moyens et modestes de rembourser un bouclier fiscal qui a notamment rapporté 350 millions d'euros à 16 000 contribuables privilégiés.

Il est donc plus que temps de remettre de l'ordre et de s'attaquer aux vrais problèmes. Aujourd'hui, ce n'est pas la quantité de travail des actifs occupés qui fait défaut en France, c'est le chômage des moins de 25 ans et celui des plus de 55 ans qui posent problème ; ce ne sont ni la durée ni le coût du travail qui pèsent sur la compétitivité et entraînent 40 milliards d'euros de déficit de la balance extérieure, mais les investissements en innovation des PME qui manquent.

L'époque des "trente glorieuses", marquée par la rigidité des entreprises et des marchés, est révolue. Innovation, concurrence et mobilité sont désormais la loi de l'époque, pour le meilleur ou pour le pire, selon ce que l'on en fera. Il ne s'agit pas simplement de nous adapter à cette nouvelle donne ! Il faut en être les pionniers vigoureux : le politique est là pour faire en sorte que chacun change, entrepreneurs comme salariés.

Or, c'est toujours aux mêmes qu'il est demandé de faire des efforts. Il y a les gagnants de la mondialisation, qui ont le pouvoir de s'inventer un futur. Il y a ceux qui rêvent au futur qu'ils pourraient avoir si on leur donnait leur chance. Et enfin, il y a ceux qui ne peuvent même plus rêver, parce qu'ils sont tenaillés par les soucis quotidiens.

Notre économie n'acceptera la mondialisation que si on donne à chacun la possibilité d'en être un acteur. Le creusement des inégalités ne fera que tirer la croissance vers le bas. Et si rien n'est fait pour construire la confiance, les injustices criantes déboucheront sur une violence ouverte. Il y a donc trois urgences pour répondre à ces défis et stopper la dangereuse spirale descendante.

La première, c'est réformer l'Etat. Pour transformer les nouveaux risques en forces d'émancipation, la puissance publique elle-même doit changer. D'un Etat qui s'efforce de corriger les inégalités, il faut passer à un Etat qui les attaque à la racine, un Etat qui encourage chaque talent à se développer et à innover par l'accompagnement personnalisé. C'est vrai pour l'école, c'est vrai pour les services publics en général.

La seconde, c'est faire de la sécurité professionnelle et de la hausse du pouvoir d'achat deux réalités indissociables. Il faut pour cela s'occuper des salariés avant la perte d'emploi et non après, quand dans bien des cas il est déjà trop tard. Nous devons mettre fin à l'éclatement des fonds de la formation professionnelle et les réunir dans un nouveau service public de l'emploi, comme réussissent déjà à le faire certaines régions. La formation et la mobilité professionnelle doivent offrir de vraies perspectives de carrière et des hausses de salaires.

La troisième urgence concerne l'université et la recherche. La loi d'autonomie ne résoudra rien tant que la question des moyens n'aura pas été résolue et que les universités ne seront pas soumises à évaluation. Notre enseignement supérieur est handicapé par le gouffre qui existe entre grandes écoles et universités : il est temps de créer des passerelles, généraliser les laboratoires conjoints et des diplômes communs. Il faut aussi revaloriser le métier de chercheur, créer une vraie complémentarité entre enseignement et recherche, faire du doctorat un passage obligé pour les étudiants prometteurs.

Aujourd'hui, l'alignement par le bas et la réduction des salaires tiennent lieu de politique économique. Mais cette spirale est dangereuse. La France doit s'engager sur une autre trajectoire, mobiliser sa créativité et transformer les risques de la mondialisation en potentiel de croissance. Si la dégradation continue, c'est la récession qui menace. Et parce que nous refusons cette triste perspective pour notre pays, je dis à Nicolas Sarkozy : il est encore temps.

Ségolène Royal

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