Tribune libre

Mardi 11 novembre 2008
 

FRA-TER-NI-TE

 

Ségolène au Zénith nous a rappelé qu’il ne fallait pas mettre au rencart ce mot inscrit sur tous les bâtiments publics de France…

J’y rajouterai la camaraderie…

En ces temps difficile où la crise économique, la récession frappe notre pays, ce sont deux mots à relier et que le congrès du PS doit porter haut et fier.

Depuis la semaine dernière l’amendement portant le départ à la retraite à 70 ans a été voté.

Et c’est donc dans une fraternelle et franche camaraderie que je m’inquiète du sort de l’un de nos plus éminents porte drapeau du PS, le premier d’entre nous dans le 92.

Pascal, que je connais maintenant depuis trois ans et à qui je tiens beaucoup… Je souhaite qu’il profite, malgré des amendements votés à la sauvette, un jour d’une retraite bien méritée dans quelques décennies maintenant, et surtout en pleine santé. Peut-être n’ose-t-il pas nous l’avouer mais nous on se doit de l’aider à laisser la main à la tête de la fédération des Hauts de Seine.

En effet, rendez vous compte, ce brave Pascal (le meilleur d’entre nous), qui n’est pas en reste vis-à-vis de ses semblables, se voit obligé de partager son temps entre huit fonctions…

-         Premier fédéral des Hauts de Seine

-         Maire d’une ville de 30 000 habitants

-         Conseiller Général des Hauts de Seine

-         Délégué national du PS et de la Fédération Nationale des Elus Socialistes et Républicains (FNESR) en charge des finances et de la fiscalité locales (depuis 2006)

-         Rapporteur de la commission Finances locales de l'Association des Maires de France

-         il siège également au Comité directeur depuis 2001

-         Vice Président de la communauté d'agglomération Sud de Seine (Clamart, Fontenay, Bagneux, Malakoff) en charge des transports et des finances depuis 2005.

-         Médecin en exercice à temps partiel….

Nous avons là une occasion unique de l’aider dans l’immense tâche qui l’attend au Conseil Général face à une droite qui montre moult divisions à la tête du département, ce dont nous devrions profiter en y mettant toute l’ampleur de nos talents dont ceux de Pascal Buchet.

Alors camarades des Hauts de Seine, aidez Pascal à préserver sa  santé et à donner toute la mesure de son talent dans les différents mandats qu’il exercera encore.

Amitiés socialistes

Patrick Profit (Levallois)



NDLR : Le présent article est une tribune libre qui ne reflète que les opinions et l'humour caustique de son auteur. Bien entendu, et Benoît Marquaille a bien raison de le souligner dans le commentaire qu'il fait du présent article, le problème du cumul des mandats ne peut se limiter à un cas particulier. Il est vrai que la voie la plus logique pour prendre une mairie est de prendre le canton qui va avec. Bien entendu, dans une Associaition de Maires, touts les responsables sont Maires (c'est ballot mais c'est comme ça - on ne comprendrait pas qu'une Association de joueurs de boules soit gérée par des véliplanchistes). En touts cas, connaissant l'auteur de ce billet, je sais que sa volonté est de faire rire et de lancer une réflexion pas d'être méchant et de blesser un camarade pour lequel nous avons de l'estime et de l'amitié sans quoi nous n'aurions pas publié un tel article.

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Vendredi 3 octobre 2008

Georges Besse (1927-1986)

L’on est beaucoup trop sévère avec l’extrême-gauche; ce n’est pas vrai qu’elle rate tout ce qu’elle fait. Par exemple, elle a réussi, par le bras armé d’une jeune fille de bonne famille de Neuilly et de sa complice à abattre très courageusement, en pleine rue, le fils d’un modeste employé des PTT, Georges BESSE, qui à force de travail et de talent, était parvenu à réussir le concours “X-Mines” et au cours de sa brillante mais trop brève carrière, à redresser Pechiney et la Régie RENAULT, où il avait été nommé par le gouvernement socialiste.
Ce n’est pas le sort de ce pauvre assassiné, ni de sa famille, qui intéresse les esprits forts; c’est le confort psychologique, physique, financier, et pourquoi pas “moral” tant qu’on y est, de ce “quarteron” de drogués à l’idéologie, dont il convient de prévenir les caprices, de dissiper les “embarras”, d’ausculter les états d’âme et d’aplanir toute douleur et tout stress qui seraient bien sûr intolérables.
Mr ROUILLAN refuse d’exprimer des regrets pour les crimes commis et pour lesquels les membres de la bande ont été condamnés à perpétuité. La LCR déclare “qu’il a bien le droit à l’engagement politique”. Voilà qui me paraît très “tendance” et du meilleur goût. Continuons le combat!

Alain POCHET (Neuilly/Seine)


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Mercredi 26 mars 2008

C. Margaté, maire sortante communiste réélue confortablement au premier tour avec presque 67% des voix. Le PS qui a fait liste commune a obtenu 10 sièges de conseillers municipaux dont 3 d’adjoints au maire. Certains de ces conseillers avaient voté pour Ségolène aux primaires du parti. On continue comme avant. Pourquoi changerait-on l’équipe qui est en place depuis si longtemps ? Depuis presque 100 ans. Rigueur de gestion et vie tranquille à Malakoff. Réjouissons nous donc de cette belle victoire.

Même si notre envie de modernité et de changement devra encore attendre de longues années. A voir les choses bouger dans le 93, Malakoff est bien partie avec Bagneux pour être la dernière ville communiste du département. Une vraie occasion perdue pour le PS de marquer ses différences et de préparer l’avenir. Quelle erreur politique que de ne pas avoir fait liste séparée au premier tour. Une des raisons avancées était de ne pas décourager les électeurs communistes d'apporter leur voix à des candidats socialistes dans les communes proches. Fallacieux bien sur mais qu'importe. Le débat en aurait été relancé, le PS grandi et nos têtes de listes auraient pu acquérir une véritable stature. Forcer un deuxième tour aurait été autrement plus significatif que les quelques postes supplémentaires obtenus par le PS. Nous n'avons toujours aucun moyen de peser véritablement sur le destin et les choix de notre commune, de dynamiser la mairie en matière d'économie, de démocratie participative, ou de cadre de vie. Notre liste commune a découragé de nombreux électeurs. L'insignifiance de la droite aussi. Abstention record.

Le PS est aujourd’hui à Malakoff aux mains d’apparatchiks qui refusent par exemple toujours de mettre un lien sur le site du PS avec celui de DA à coté de ceux de Fabius ou Cambadélis !

Mon espoir, c’est que les nouveaux élus socialistes fassent tout de même entendre une voix moins conforme et résignée que précédemment. Plus participative et dynamique. Il y a qlq jeunes dans notre équipe socialiste qui sont à même de prendre la relève et de porter plus haut nos couleurs. Espoir.

Un mot sur Sophie, ex DA Malakoff, candidate aux cantonales. Scores précédents améliorés par sa belle campagne et malgré le boulet que constitue l'absence d'une liste séparée aux municipales. Elle peut encore porter, avec d'autres, les valeurs de modernité que nous souhaitons promouvoir pour faire vivre nos désirs d'avenirs.

Juste pour info. La Section avait compté jusqu’à 110 adhérents amenés par la vague des « 20 euros » et des supporters de Ségolène. Les renouvellements frisent la cinquantaine. Une trentaine a participé au vote sur la liste municipale dont une majorité d’inscrits sur cette liste. Nous attendons avec impatience que la présence de Ségolène redonne de l’élan au plus grand nombre et bouscule gentiment le « ça m’suffit » des élus locaux ou le tout sauf elle de certains membres de l’appareil.

Luc Delaby
Désirs d'avenir Malakoff

NDLR : Comme l'indique le nom de la rubrique, il s'agit  d'une tribune libre dont les propos ne sauraient engager que leur auteur et le Comité Désirs d'Avenir de Malakoff.

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Mardi 24 avril 2007

Pour ne pas dire qu'"on ne savait pas", ne manquez ce site sur le vrai Sarkozy en cliquant ici.

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Mardi 24 avril 2007

Discours du 18 avril 2007 à Paris (POPB Bercy)

Nicolas SARKOZY a déclaré, ce matin : "François Bayrou est à Gauche" et on sent qu'en prononçant cette phrase, il y a, chez lui, comme une vraie insulte. C'est presque comme s'il avait dit que j'étais un immigré, que j'égorge les moutons dans ma baignoire ou que je suis un pervers génétique.

Cela me fait plaisir de ne pas recevoir le label de la Droite à la mode SARKOZY, car elle est le contraire de ce que j'ai cru et voulu toute ma vie.

Je veux vous dire que je ne suis pas assuré que, si, à ce moment [de la guerre en Irak], Nicolas SARKOZY avait été Président de la République, la France aurait eu l'attitude qui a été la sienne. Je suis persuadé qu'elle aurait été du côté de Tony Blair, du côté de José Maria Aznar et du côté de Berlusconi, puisqu'il a été leur ami.


Discours du 16 avril 2007 à Lyon (Palais des Sports)

La société que nous présente Nicolas SARKOZY, est une société qui se caractérise par sa dureté, une société dans laquelle ceux favorisés par la naissance ou par la situation ont toutes latitude de transmettre aux générations qui viennent, qu'elles aient du mérite ou pas, les fortunes acquises, une société dans laquelle le bouclier fiscal est décidé pour exonérer les plus riches d'un certain nombre de contributions fiscales dont on va laisser la charge aux classes moyennes.

Je n'aime pas une société dans laquelle on laisse entendre que tout est décidé à la naissance ou avant la naissance dans le patrimoine génétique des uns ou des autres, parce que cette société-là conduit inéluctablement à une idée que Nicolas SARKOZY avait déjà présentée quand il était ministre de l'Intérieur : la tentative de repérer les petits-enfants prédélinquants dès trois ans.

Vous aurez beau mettre tous les douaniers, tous les policiers, tout les charters, toutes les murailles, tous les grillages que vous vous voudrez, tant que vous n'aurez pas rééquilibré l'extrême misère et l'extrême richesse, les pauvres viendront chez les riches.


Interview du 16 avril 2007 sur France 2 (Question ouverte)

Il faut écarter un projet de société violent, qui ne correspond pas à ce que beaucoup de Français, y compris de droite, y compris de l’UMP, veulent pour la France. Le projet de société de Nicolas SARKOZY ne ressemble pas à ce qu’est le projet de société de la France républicaine.

La manière dont Nicolas SARKOZY a fait sortir un certain nombre de thèmes et de détestations, un certain nombre d’idées qui n’avaient jamais été envisagées dans une campagne électorale, ceci est une dérive pour la France.

C’est très bien de vouloir réduire les électeurs de Jean-Marie LE PEN, mais seulement si en même temps on réduit les idées de Jean-Marie LE PEN. Or Nicolas SARKOZY veut réduire les électeurs de Jean-Marie LE PEN, mais en multipliant les idées de l’extrême droite, en les validant.

Si vous dressez les Français les uns contre les autres pendant la campagne, après vous ne pourrez plus cicatriser les blessures que vous aurez créées. Voilà pourquoi je suis en confrontation avec Nicolas SARKOZY. Son projet est un projet très dur où, au fond, le pouvoir est en épreuve de force permanente avec une grande partie de la société.


Discours du 5 avril 2007 à Agen

Quand vous excitez ainsi des sentiments anti-immigration, oh, il n'y a pas de mal à les faire flamber. C'est tellement plus facile de faire flamber les sentiments de détestation que les sentiments de compréhension.


Discours du 2 avril 2007 à Reims

Je ne suis pas de ceux qui prétendent que c'est facile de mener une politique de sécurité. J'ai toujours pensé que c'était difficile, mais, ce que je n'aime pas, ce sont les rodomontades de ceux qui, ayant la charge de ce difficile secteur, considèrent qu'ils peuvent publier des communiqués de victoire et expliquer à tout le monde que le travail a été fait et que les choses ont profondément changé.

Je pense qu'il faut éviter de faire monter les tensions, de faire monter les affrontements entre les différentes catégories de Français. Je pense que les peuples sont très fragiles et très sensibles à cela. C'est très facile de pousser les peuples vers des sentiments primaires, des sentiments de rejet.


Interview du 28 mars 2007 sur la Chaîne Parlementaire

La méthode de Nicolas SARKOZY de passer par un mini-traité pour relancer l’Europe, cela va fragiliser l’Europe, car on la laissera entre les mains d’un monde de technocrates qui ne parlent pas la même langue que les gens.

Depuis que Nicolas SARKOZY est ministre de l’intérieur, la police est devenue uniquement une force de répression ; et toute sa politique a été fondée sur des opérations médiatiques coup de poing.


Interview sur France 2 le 19 mars 2007 (Question Ouverte)

L’UMP avait promis de faire la tolérance zéro en matière de sécurité. Y sont-ils arrivés, alors qu’ils ont tous les pouvoirs depuis 5 ans ? Même chose pour les zones de non droit, que l’on avait promis de supprimer. Elles sont à présent si nombreuses que les forces de l’ordre n’ont pas le droit d’y entrer, ni même le ministre de l’intérieur.


Interview sur RTL le 11 mars 2007 (Grand Jury)

Je ne suis pas d’accord avec ce raisonnement mécaniste consistant à ne pas remplacer 1 fonctionnaire sur 2, car cette promesse répétée de la droite à chaque élection n’est pas tenable, en particulier dans l’Education nationale, l’Université, la Justice.

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Jeudi 19 avril 2007

COMMUNIQUE DE PRESSE DE MICHELE CANET
Conseillère générale de Châtenay-Malabry,
Présidente du groupe socialiste du Conseil Général des Hauts-de-Seine
Porte parole du comité de soutien départemental de Ségolène Royal

Ségolène Royal au cœur de l’équation victorieuse du 6 mai

Les déclarations de Michel Rocard et de Bernard Kouchner sont regrettables en cela qu’elles viennent à « contre temps ». Le problème n’est pas le dialogue avec les centristes : à l’instigation de Jacques Delors il s’est fait à plusieurs reprises dans le cadre des rencontres des « transcourants » à Lorient. Le problème est que Michel Rocard se trompe aujourd’hui de méthode.
Laissons d’abord les électeurs s’exprimer le 22 avril, dans la clarté du choix des projets. De ce point de vue, si François Bayrou multiplie les critiques à l’égard de Nicolas Sarkozy, force est de constater que plusieurs de ses propositions en matière économique et sociale demeurent éloignées de Ségolène Royal. Par ailleurs, si le candidat UDF attaque violemment le candidat UMP, force est de constater que nombre d’élus UDF, dans les collectivités locales comme pour les prochaines échéances législatives, réaffirment leur attachement à la majorité UMP/UDF.
Dès le départ de sa campagne, par nombre de ses propositions, Ségolène Royal a montré son souci de répondre d’abord aux préoccupations des Français. Elle a clairement indiqué que tous étaient appelés à rejoindre le pacte présidentiel. C’est aussi cette position qu’a exprimé Dominique Strauss Kahn.
L’élection présidentielle se déroule en 2 tours. Les Français rejettent tout ce qui peut apparaître comme des manœuvres politiciennes, démarche totalement étrangère à la conception qu’a Ségolène Royal de l’action politique. Pour tous ceux qui veulent un vrai changement, la seule réponse est de voter le 22 avril pour Ségolène Royal. Elle seule offre un vrai projet de rupture avec la politique menée depuis 5 ans ; elle seule est en situation de rassembler le 6 mai une large majorité face au danger que représenterait l’élection de Nicolas Sarkozy. Déjà le PCF, les Verts, José Bové ont annoncé qu’ils rallieraient Ségolène Royal au 2° tour. Il reviendra au soir du 22 avril à tous ceux qui veulent défendre les idéaux de démocratie, de fraternité, de justice et de liberté d’assumer leur responsabilité. Si François Bayrou et ses amis centristes veulent rejoindre cette large majorité, ils seront les bienvenus.
Mais d’abord plaçons Ségolène Royal le plus haut possible le 22 avril car elle seule est au cœur de l’équation victorieuse du 6 mai. Elle seule peut aujourd’hui déplacer les lignes, non dans une démarche politicienne mais en rassemblant tous les hommes et toutes les femmes de notre pays qui attendent que l’action politique renoue avec la morale politique, que l’action politique soit synonyme d’ordre juste, de sécurité sociale, de travail pour tous, d’une France forte dans le monde et en Europe pour défendre la paix et les droits humains.

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Vendredi 13 avril 2007

Le général de Gaulle - c'est une première dans l'histoire de l'élection présidentielle depuis 1958 - aura été totalement absent de la campagne en cours. C'est pourquoi je crois utile et même nécessaire, l'espace d'une chronique, de m'effacer au profit de la «Lettre ouverte à Ségolène Royal» que nous a adressée Jean-Marcel Jeanneney, le dernier ministre survivant, avec Pierre Messmer, du général de Gaulle.

« Madame, je ne vous ai entendue et vue qu'à la télévision. Mais vos propos, votre manière d'être ont fait que, depuis plusieurs mois déjà, j'étais enclin à voter pour vous le 22 avril. Ayant lu attentivement votre livre « Maintenant », je ne doute plus de le faire.
Je suis un très vieux monsieur. Ministre du général de Gaulle à trois reprises, je fus un des rares qui eurent l'honneur d'être reçus par lui à Colombey, après qu'il eut, en parfait démocrate, démissionné de la présidence de la République parce que désavoué lors du référendum qu'il avait décidé. Je suis fidèle à sa mémoire. La France, au cours de sa longue histoire, n'a guère eu de chef d'Etat de cette envergure, parfaitement indépendant de toutes les puissances financières et de tous les dogmes politiques, ne se laissant intimider par quiconque, discernant ce qu'allait être l'évolution du monde et percevant ce qu'étaient les intérêts à long terme de son pays. Mais je n'ai jamais cru à la possibilité d'un gaullisme sans de Gaulle et je me suis vite désolidarisé de ses prétendus héritiers.
Cela dit - et sans vouloir vous écraser sous une telle référence en vous assimilant à cette très haute figure -, j'ai le goût de vous dire que je constate d'assez nombreuses analogies entre ses idées et les vôtres, telles qu'elles apparaissent au long de vos trois centaines de pages. D'abord le volontarisme politique, puis l'attachement à la nation, à son passé et à son avenir, comme fondement nécessaire aux solidarités entre les individus vivant sur son sol ; la prise en compte des aspirations populaires mais sans soumission systématique à l'opinion ; l'idée, que de Gaulle énonça dès mars 1968 dans un discours à Lyon, que les activités régionales sont les ressorts de la puissance économique de demain ; encore, le fait que la France, dans un monde menaçant, ne doit pas renoncer à une puissance militaire forte. Entre vous et lui, il est encore un trait commun : quand on lui exposait un problème de façon abstraite, il vous interrompait : «Alors ! Pratiquement, que proposez-vous ?» Or toujours vous proposez ou esquissez une solution concrète.
J'ajoute que vous rejoignez le général de Gaulle sur trois points, de grande importance. Le premier est la sobriété que vous voulez dans le comportement quotidien de la présidence de la République et du gouvernement. Le deuxième est le recours à l'article 11 de la Constitution, que vous devrez inévitablement utiliser pour modifier celle-ci, en particulier concernant le Sénat. Le troisième est que, comme lui, vous vous appuyez sur un parti, ce qui est indispensable, mais que, comme lui, vous êtes d'un tempérament assez fort pour pouvoir, quand besoin est, vous en affranchir. Madame la candidate, je vous souhaite de tout coeur bonne chance et vous assure de la grande considération que j'ai pour votre culture gouvernementale, pour votre intelligence, votre sensibilité et votre caractère. »

Coïncidence. Au moment où Jean-Marcel Jeanneney nous adressait cette lettre, dont il n'est pas nécessaire de souligner l'importance et l'originalité, Jean-Noël Jeanneney, son fils, quittait la présidence de la Bibliothèque nationale de France. «Atteint par la limite d'âge», comme on dit. Mais derrière ce crétinisme administratif, il y a le sectarisme partisan : avant de quitter le pouvoir, Jacques Chirac sature la haute administration de ses créatures, dont évidemment l'ancien ministre de François Mitterrand n'était pas. Jean-Noël Jeanneney aurait très bien pu bénéficier des dispositions qui ont permis aux présidents de l'Opéra de Paris ou du Musée Guimet d'achever leur mandat au-delà de cette limite... Ségolène Royal a promis de mettre fin à ces moeurs claniques. En attendant, saluons celui qui est devenu en cinq années seulement un grand président de la BNF. Il lui a redonné la sérénité, l'initiative, la fierté de sa mission. Grâce à lui, la BNF a quitté la rubrique des faits divers et des conflits sociaux pour celle de la recherche et de la culture.

Jacques Julliard
Le Nouvel Observateur

Source : Nouvel Obs

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Mardi 10 avril 2007

Il y a quelques mois, tout le monde semblait d’accord pour reconnaître que la candidature d’une femme à la magistrature suprême ne posait plus aucun problème. Angela Merkel et Michelle Bachelet démontraient chaque jour qu’une femme est « un homme comme les autres ». Puis petites phrases et grands paragraphes, d’une agressivité stupéfiante, se sont enchaînés. On avait ouvert la boîte de Pandore du mépris misogyne. Ce n’est pas une boîte, c’est une malle au format colonial, un bagage écrasant.

Nous ne nous attendions pas du tout à ce que la société française soit si peu évoluée, si peu mixte, si peu civilisée. Si sexiste. Pourtant, des hommes apprécient les femmes intelligentes avec lesquelles ils peuvent échanger des idées.

Jamais vous n’entendrez quelqu’un fantasmer sur la supposée sexualité d’un candidat, mais que n’entendons-nous pas sur les femmes candidates. Je ne connais pas Ségolène Royal, mais nous nous sentons, en tant que femme, humiliée par ce qui se dit sur elle aujourd’hui. Je suis scandalisée de voir cette femme sans cesse attaquée sur sa personne, son apparence.

Quand elle promet que sa première action consistera à combattre les violences envers les femmes, nous applaudissons. Et que l’on nous ne réponde pas, comme le fait ministre-candidat, qu’il y a déjà des lois pour cela. Il ne s’agit pas seulement de lois, mais d’une véritable volonté politique.

Tout ce que l’on dit sur elle, sur sa voix, ses cheveux, ses boucles d’oreille, sa syntaxe, ses bourdes, son entêtement, son sens de la compassion ou sa dureté, est énoncé pour la délégitimer, pour montrer qu’elle n’a pas sa place à la tête de l’Etat.

Le plafond de verre risque de faire ses preuves une fois de plus si nous ne nous mobilisons pas !
Il n’y a pas d’autre explication à l’amour qui entoure désormais le candidat émergeant, pas d’autre explication à l’élan qu’il suscite. Il l’a dit, je crois : sa masculinité est reconnue de tous.

Ségolène Royal est intelligente, compétente, déterminée. C’est exactement ce qui exaspère. Ce qui fait peur et provoque le mépris. La peur et le mépris sont justement les deux sentiments qui définissent le racisme et nous, nous avons l’impression vexante de vivre dans un pays attardé.

Mais ce n’est pas tout. Nous entendons des amies déclarer que « jamais elles ne pourront voter pour cette personne », elles ne la trouvent pas assez « sympathique » ou « engagée », « elle fait du tort à la cause des femmes », on croit rêver.

Le masculin est général, le féminin est particulier. Et tous les efforts de la candidate pour neutraliser cet « effet de genre » échouent et se noient dans l’infinie variété des commentaires des consommateurs.

Il fut un temps où l’on disait : « le privé est politique ». Aujourd’hui, le politique est réduit au sentiment privé, au caprice individuel, au j’aime/ j’aime pas, au consumérisme et à la frivolité définitivement sexiste.

Nous, femmes et hommes de la République, nous disons assez !, marre du machisme ! : nous voulons une femme Présidente pour construire enfin une République fondée sur l’égalité entre les femmes et les hommes.

Voir et signer la pétition : http://www.1milliondefemmessenervent.org/

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Jeudi 15 février 2007

Par Ian HAMEL, correspondant à Paris du quotidien suisse Le Matin

LIAISON DANGEREUSE Depuis 2002, Nicolas Sarkozy a placé des hommes à lui dans presque toutes les rédactions parisiennes, dans la presse écrite comme dans la presse audiovisuelle

Les Français ne connaissent pas la société audiovisuelle ETC (Etudes, techniques et communication). Pourtant, ils ne cessent de voir ses productions à la télévision. C'est cette entreprise, appartenant à l'UMP, le parti de Nicolas Sarkozy, qui filme le candidat Nicolas Sarkozy et qui ensuite vend (ou plus souvent donne) ses reportages aux chaînes de télévision françaises. «Le plus grave, ce n'est pas que Sarkozy organise ses propres reportages, mais que les télévisions acceptent ce procédé car il leur fait économiser de l'argent», proteste un journaliste parisien sous couvert d'anonymat.

Pourquoi se gêner? La société ETC jouit d'une excellente réputation professionnelle, elle offre des images parfaitement maîtrisées, avec des caméras face à la tribune, sur les côtés, et survolant la foule. Nicolas Sarkozy a même organisé le retour de Cécilia, son épouse, au domicile conjugal. Son photographe a pris soin de prendre les clichés à distance afin de faire croire qu'il s'agissait de photos volées par un paparazzi... Rien d'étonnant à cela. Comme le rappelle Frédéric Charpier dans son livre «Nicolas Sarkozy. Enquête sur un homme de pouvoir» (1), l'actuel ministre de l'Intérieur avait imaginé un temps devenir journaliste.

Les journalistes au pain sec
Maire de Neuilly (note de DA92 : Nicolas Sarkozy a été maire de Neuilly de 1983 à 2002. Depuis, bien que ne figurant plus au Conseil municipal, il est souvent  présenté comme adjoint "hors rang" - wikipédia en tête mais aussi sur www.les-amis-de-nicolas-sarkozy.fr - et l'idée qu'il contrôle toujours son ancienne mairie est largement répandue. L'imprécision du journaliste helvète s'apparente donc avant tout à un lapsus révélateur), dans la région parisienne, et président des Hauts-de-Seine, le département le plus riche de France, Nicolas Sarkozy courtise de longue date les patrons de presse, qui sont souvent ses administrés, comme autrefois Robert Hersant, propriétaire du Figaro et de 30% de la presse française, et aujourd'hui Martin Bouygues, le patron de TF1, dont le journal télévisé est regardé par 8 millions de personnes. «Il est non seulement l'ami des patrons de presse, mais il est aussi l'ami des rédacteurs en chef et des chefs des services politiques qu'il appelle tout le temps au téléphone. Sarkozy s'est aussi constitué une cour de sans-grade qui espionnent pour lui à l'intérieur des rédactions, recevant en compensation des informations exclusives ou des promesses de promotion», raconte un enquêteur connu de la presse parisienne.

Le climat est devenu tellement étouffant que ce journaliste demande non seulement que son nom n'apparaisse pas, mais que son journal ne soit pas mentionné non plus. «Je suis contraint de me méfier de mes propres collègues», déplore-t-il. Ministre de l'Intérieur, à la tête de deux services secrets, la DST et les Renseignements généraux (RG), Nicolas Sarkozy est un homme tout-puissant. Alors que ses «amis» journalistes sont abreuvés de scoops sur la délinquance ou sur le terrorisme, les autres rédacteurs se retrouvent au pain sec: les policiers ne leur parlent plus. Pire, ils découvrent que les Renseignements généraux ne font pas seulement des enquêtes sur les collaborateurs de Ségolène Royal, la candidate socialiste, comme Bruno Rebelle, ancien directeur de Greenpeace. Mais qu'à l'occasion, ils s'intéressent aussi à la vie privée des rédacteurs un peu trop à gauche. «Un proche de Sarkozy vous appelle au téléphone et lâche le nom de votre maîtresse, menaçant de le faire savoir à votre épouse si vous ne devenez pas davantage conciliant avec le candidat de l'UMP», s'étrangle un journaliste du Figaro. Un proche de Sarkozy que Karl Laské, journaliste à Libération appelle carrément «le lanceur de boules puantes».

Le livre à charge intitulé «Nicolas Sarkozy ou le destin de Brutus» (2), écrit par plusieurs journalistes parisiens sous le pseudonyme de Victor Noir, s'est vendu à plus de 25 000 exemplaires. Il est réédité en livre de poche.

Sarkozy propulse les ventes
«On montre du doigt le magazine Le Point pour ses 10 couvertures consacrées à Nicolas Sarkozy ces derniers mois. Le problème, c'est que ces 10 couvertures ont bien vendu. Les journalistes qui ne sont pas sarkozystes ne peuvent pas reprocher ce choix journalistique à leur direction», souligne François Malye, président de la Société des rédacteurs du Point.

Sur le même sujet : «La face karchée de Nicolas Sarkozy»

(1) Frédéric Charpier, «Nicolas Sarkozy. Enquête sur un homme de pouvoir», Editions Presses de la Cité, 304 pages

(2) Victor Noir, «Nicolas Sarkozy ou le destin de Brutus», Editions Denoël, 306 pages

Source : Le Matin Online

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Mercredi 14 février 2007

Par Raphaël Anglade

A l’issue du discours de Villepinte, l’UMP s’est trouvée prise de court par le nombre et la précision des propositions de la candidate socialiste.

Persuadée que Ségolène Royal se limiterait à réaffirmer ses valeurs, l’UMP avait préparé initialement un tir de barrage sur le manque d’envergure et de vision de ce propos. Ce furent le sens des premières interventions post-Villepinte, à commencer par Nicolas Sarkozy lui-même en direct de la Mutualité, et son fidèle Patrick Devedjian...

Au cours de la journée de lundi, l’UMP réalisa que les "cent propositions" et le discours qui les présentaient ne pouvaient être évacués ainsi d’un revers de la main. Changeant rapidement son fusil d’épaule, le Ministre de l’intérieur demanda alors à son équipe d’accuser le projet d’archaïsme et de dénoncer son coût exhorbitant. C’est ce que montre la lettre aux militants UMP reçue par Betapolitique.

Rapidement, le groupe indépendant Débat 2007, par le biais de sa cellule de chiffrage rendait publique une première évaluation, fondée sur les cent propositions de Ségolène Royal et sur une compilation des engagements de Nicolas Sarkozy recueillis dans ses derniers discours.

Bilan : le projet Sarkozy coûterait 50 milliards d’euros sur le quinquennat, celui de Ségolène Royal 53 milliards d’euros...

Egalité ?

Pas tout à fait, car Nicolas Sarkozy s’est également engagé à baisser les impôts de 4 points de PIB soit 68 milliards d’euros (selon lui) ou 72 milliards d’euros (selon le PS qui se fonde sur les derniers chiffres du PIB).

50 + 72 : c’est donc un engagement de 122 milliards d’euros qui est prévu pour le prochain quinquennat. Engagement que l’économiste Thomas Piketty juge absolument intenable. Les coupes de dépenses qu’il exige seraient deux fois plus importantes que celles de Margaret Tatcher, sur une période deux fois plus courte. Il faudrait supprimer du budget de l’Etat une dépense égale à quatre fois le budget de l’éducation et de la recherche !

Dans Les Echos de ce jour, Nicolas Sarkozy chiffre le coût de son projet à 30 milliards, dont la moitié en baisses d’impôts.

Quid des 4 points de PIB ? Disparus ?

Disparus du programme ? Mais de quel programme ? Il n’y a pas de programme Sarkozy !

Pour s’en rendre compte, un petit exercice amusant et simple : se rendre sur le site sarkozy.fr, cliquer sur l’onglet "ce que je vous propose", cliquer sur le lien "Je veux être le Président qui tiendra ses engagements. C’est pourquoi je tiens à vous dire dès aujourd’hui quel est mon projet."... Vous trouverez une petite page en PDF, avec une dizaine d’extraits de discours récents...

Aucune trace de programme...

Pas possible ? On l’ignorait ? Eh bien on le sait maintenant. Pendant toute cette période où Ségolène Royal imposait à ses troupes un immense et patient exercice d’écoute des Français, et où les représentants de l’UMP, et nombre de journalistes de cour, vitupéraient son absence de programme, il n’y avait pas de programme de l’UMP ! Pasde programme de l’UDF ! Pas de programme du FN !

Et il n’y en a toujours pas. On connaît aujourd’hui le coût de ce programme, mais toujours pas son contenu. Espérons qu’il sera publicisé plus rapidement que le patrimoine de M. Sarkozy, dont la publication était "imminente" il y a déjà plusieurs semaines...

Source : Betapolitique

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